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Le mouvement américain contre la guerre



Point de vue américain

La plupart des opposants à la guerre habitaient les États du Nord-Est de l’Union. Parmi eux figuraient les gouverneurs du Massachusetts et du Connecticut, qui avaient refusé de répondre à l’appel du président Madison pour renforcer les défenses côtières, les financiers de la Nouvelle-Angleterre qui refusaient de prêter de l’argent au gouvernement fédéral mais le faisaient pour la Grande-Bretagne, et les fermiers du Vermont et de l’État de New York, qui signifiaient leur opposition à la guerre en vendant des marchandises de première importance à l’armée britannique du Canada.

À l’instar de personnalités comme le représentant au Congrès John Randolph, la plupart des habitants de la Nouvelle-Angleterre croyaient que le mouvement en faveur de la guerre était animé surtout par un désir d’expansion au nord au détriment du Canada. Randolph s’exclama devant la Chambre des représentants : " Ce n’est pas le respect de nos droits maritimes qui nous pousse à la guerre, mais la convoitise... Depuis le dépôt à la Chambre du rapport de la commission sur les affaires étrangères, on n’entend qu’un seul mot, scandé inlassablement, tel une complainte : " Canada ! Canada ! Canada ! "

Le président Madison était préoccupé par les profondes divergences qui régnaient entre les représentants du Sud et de l’Ouest, généralement favorables à la guerre, et ceux de la Nouvelle-Angleterre, qui y étaient fermement opposés. Madison tenta de combler ce fossé en nommant à des postes stratégiques des officiers originaires de la Nouvelle-Angleterre. Ainsi, William Hull fut nommé général de brigade de l’armée du Nord-Ouest, tant parce qu’il était originaire du Massachusetts qu’à cause de ses états de service pendant la guerre de l’indépendance. Mais de tels gestes diplomatiques restèrent sans grande portée.

L’opposition à la guerre grandit et le ressentiment s’intensifia jusqu’à atteindre son apogée au cours de la Convention de Hartford, en 1814, au cours de laquelle les représentants de la Nouvelle-Angleterre débattirent de la pertinence de demeurer ou non au sein de l’Union.