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Traité de Gand

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Point de vue américain

Le gouvernement des États-Unis tenta à maintes reprises de négocier la paix durant le conflit. Après de multiples échecs, les négociateurs américains et britanniques se rencontrèrent, enfin, à Gand, en Belgique, pour élaborer un accord de paix.

Les cinq commissaires américains, venant de plusieurs régions des États-Unis, étaient issus de partis politiques différents. Il y avait l’éloquent Henry Clay dont les propos enflammés avaient contribué au déclenchement de la guerre, Jonathan Russell, ambassadeur en Suède, John Quincy Adams, diplomate brillant et sombre à la fois, Albert Gallatin, d’origine suisse et ex-ministre des Finances et James Ashton Bayard, un sénateur du Delaware.

Les instructions reçues par l’équipe de négociateurs concernaient prioritairement la question de l’enrôlement forcé. Mais, au moment où s’amorcèrent les pourparlers, le sujet était devenu caduc puisque Napoléon avait été vaincu, et que la marine britannique avait un surplus de matelots.

Au début des pourparlers, les Britanniques insistèrent sur la création d’un territoire indien entre le Canada et les États-Unis. Mais, les Américains étaient loin de partager ce point de vue puisque des centaines de colons vivaient sur le territoire proposé, et que plusieurs d’entre eux avaient été victimes d’attaques de la part des Indiens.

Les Britanniques et les Américains étaient si retranchés dans leurs positions sur la question du territoire autochtone que chacune des parties espérait que l’autre rompe les négociations. Henry Clay décidait alors d’utiliser la ruse et déclarait qu’il abandonnait la partie. Peu de temps après, le Premier Ministre britannique semblait avoir totalement oublié ses promesses envers les Premières Nations.

En novembre 1814, James Monroe, le ministre d’État, informa la Commission que les pourparlers de paix pourraient aboutir si les deux parties acceptaient de revenir à la situation qui prévalait avant la guerre. Les négociateurs américains consacrèrent le mois suivant à rédiger le traité de paix. Quelques points inportants restaient encore à régler, comme les droits de pêche. Mais les négociateurs américains, épuisé par des mois de pourparlers, savaient que leur gouvernement, au bord de la faillite, n’avait nullement l’intention de prolonger le conflit pour des questions aussi futiles.

La veille de Noël 1814, le Traité de Paix fut ratifié et signé. Les onze articles stipulaient que les États-Unis et la Grande-Bretagne revenaient au " status quo ante bellum ", c’est-à-dire le retour à la situation qui prévalait avant la guerre. Il ne fut plus question ni d’enrôlement forcé, ni d’ordonnance en Conseil privé, les principaux irritants qui avaient poussé les États-Unis à déclarer la guerre. Un peu comme si le conflit n’avait jamais existé.