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Les embargos commerciaux

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Point de vue britannique/canadien

Au début du XIXe siècle, l’empereur Napoléon avait conquis la plupart des pays d’Europe, mais la Grande-Bretagne, grâce à sa maîtrise des mers, demeurait invincible. Ni la France ni la Grande-Bretagne ne semblait en mesure de remporter de victoire militaire décisive. C’est pour cette raison qu’en 1806, les Anglais instaurèrent un blocus naval contre la France.

Par un décret du conseil, le roi George IIl interdisait aux vaisseaux battant pavillon neutre l’entrée à tous les ports sous contrôle français situés entre l’Elbe et Brest, à moins de transporter des marchandises provenant de leur pays d’origine ou de la Grande-Bretagne. Napoléon répondit à cette mesure en instaurant un blocus semblable contre les îles britanniques.

En janvier 1807, la Grande-Bretagne émit un autre décret interdisant aux navires de pays neutres le commerce entre les ports contrôlés par la France ou ses alliés. Quelques mois plus tard, ce décret fut suivi par un autre plus rigoureux obligeant les navires neutres à faire relâche dans un port britannique ou à être arraisonnés par les autorités anglaises. Les navires ne se pliant pas à ces mesures étaient passibles de saisie.

Les Britanniques étaient bien conscients de l’impact que causeraient ces décrets sur le commerce des pays neutres, particulièrement sur celui des États-Unis. Mais le mécontentement des Américains était un prix qu’ils étaient disposés à payer pour parvenir à asphyxier l’économie de la France.

La Grande-Bretagne émit son dernier décret du conseil en septembre 1811. Celui-ci, conçu dans le dessein de promouvoir le commerce entre le Canada et les Antilles, interdisait aux Américains la vente de poisson salé aux Antilles et imposait de lourds tarifs sur toute marchandise destinée aux ports américains.

La Grande-Bretagne se rendit finalement compte qu’elle ne pouvait se payer le luxe de restreindre son commerce avec les États-Unis. Après des années d’âpre lutte contre Napoléon, La Grande-Bretagne voyait son économie réduite en ruine et les industriels suppliaient le gouvernement de retirer ses ordres du conseil.

La Grande-Bretagne y consentit finalement le 16 juin 1812 à condition que les Français démontrent leur volonté de faire de même. Mais il était déjà trop tard. Aux États-Unis, le Sénat était sur le point d’adopter une motion de déclaration de guerre à la Grande-Bretagne, motion dont les décrets du Conseil étaient en grande partie responsables.