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Le Haut-Canada

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Évènements dans la région centrale


 



Point de vue britannique/canadien

Au moment où la guerre éclata, le Haut Canada était constitué d’un chapelet de villages parsemés entre Cornwall et Amherstburg. La plupart des 75 000 colons qui le peuplaient pratiquaient l’agriculture de subsistance, l’élevage et s’adonnaient à la distillation du whisky lorsqu’ils en trouvaient le temps.

Un pourcentage appréciable de la population était composé de loyalistes ayant fui leur pays lors de la guerre d’Indépendance des États-Unis, mais la plus grande partie était constituée d’immigrants américains de fraîche date attirés par la promesse de terres à bon marché. Les nouveaux venus ne se considéraient pas Britanniques et pour eux, le terme " Canadiens " désignait leurs voisins francophones. Il était évident que l’allégeance de ces nouveaux colons envers la couronne n’était pas particulièrement marquée. Sir George Prevost, commandant des forces britanniques en Amérique du Nord, estimait que la milice du Haut Canada représentait une force potentielle de 11 000 hommes. Il jugeait cependant " imprudent d’en armer plus de 4 000  ".

Le général de division Isaac Brock, commandant politique et militaire du Haut Canada, était particulièrement préoccupé par la présence d’Américains dans la région. En février 1812, il demanda aux autorités du Haut Canada d’adopter certaines mesures en vue de la guerre qui s’annonçait. Celles-ci adoptèrent certaines de ses propositions, mais une faction pro-américaine préoccupée par les droits de la personne fit échouer son plan et il ne put se voir accorder le pouvoir de suspendre l’habeas corpus (détention sans procès) et d’appliquer la loi martiale de façon limitée.

Même si la plupart des colons du Haut Canada n’étaient pas de fervents défenseurs de la cause britannique, ils n’en étaient pas pour autant partisans d’une invasion américaine. Lorsqu’ils prirent connaissance d’une proclamation du général William Hull dans laquelle celui-ci affirmait vouloir les libérer " de la tyrannie et de l’oppression ", ils furent stupéfaits, la plupart d’entre eux étant confortablement installés dans leurs nouvelles maisons et ne sentant nullement le besoin d’être libérés.

Un grand nombre de colons ne prirent aucun parti au début de la guerre, mais devant le nombre grandissant de compatriotes tués et de foyers pillés par les Américains, ils se rallièrent à la cause des Britanniques. La plupart des habitants développèrent un sentiment d’appartenance à leur nouveau pays, le Canada, et ressentaient une immense fierté en participant à sa défense.

Vu l’origine de la plupart des colons du Haut Canada, il n’est pas surprenant qu’il se trouvât des traîtres parmi eux. L’un d’entre eux, Joseph Willcocks, un ancien membre de l’Assemblée du Haut Canada, prit la tête d’un groupe appelé les Canadian Volunteers. Actifs dans la région du Niagara, ces hommes combattirent aux côtés des Américains, recueillirent des renseignements pour leur compte et firent tout ce qui était en leur pouvoir pour servir la cause de l’envahisseur.