War of 1812english

Graeme Decarie, historien canadien

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Le magasinage outre-frontière pendant la Guerre de 1812

Vous savez, à cette époque, les gens ne percevaient pas la guerre comme nous le faisons : ´ Notre pays est en guerre. Nous haïssons nos ennemis. Nous nous attaquons à la tâche et nous faisons de notre mieux. ª De fait, même aujourd'hui, dans la majorité des pays du monde et contrairement à ce que les journaux et la télévision voudraient nous laisser croire, la majorité des gens ne pensent pas comme ça. Et, à cette époque-là, la guerre était l'affaire des dirigeants. ´ Laissez-les se battre. Laissez les militaires se battre. Ils sont payés pour le faire. ª Et si vous étiez un citoyen ordinaire, vous deviez d'abord penser à votre propriété, à votre ferme, à vos intérêts et à votre famille.

Au cœur même de la guerre, les gens pratiquaient simplement ce que nous nommons aujourd'hui le magasinage outre-frontière. Vous traverseriez du côté américain. Les Américains viendraient ici, feraient leur magasinage, achèteraient de la nourriture et retourneraient à la maison. Cette façon de faire était tout à fait acceptable. Donc, cette idée d'un pays en guerre n'étaient pas une notion qui avait beaucoup d'emprise.

Les affaires étaient les affaires. N'eurent été des fermiers américains qui faisaient la contrebande de la nourriture, l'armée britannique n'aurait jamais pu se nourrir durant la guerre des Grands Lacs. Un général prétend même qu'à un moment donné 80 % de la viande consommée par ses troupes venait de fermiers américains. La même chose se produisait pour les provisions qui parvenaient à Montréal et à la forteresse de Québec. Ces vivres provenaient de sources américaines.