Graeme Decarie et Gail Valaskakis, historiens canadiens


Lecture supplèmentaires :
Isaac Brock
Tecumseh
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L'alliance Brock-Tecumseh
Decarie : Même
si le traité de paix établissait un territoire autochtone,
il était difficile de croire que les Américains respecteraient
l'entente. Il était aussi difficile de croire que les Britanniques
consentiraient à livrer une guerre pour protéger les autochtones
au beau milieu de l'Amérique du Nord. Ce n'était pas possible.
Je pense que vers la fin, Tecumseh s'était rendu à l'évidence.
Valaskakis : Je
pense que oui, spécialement en octobre 1812, quand Brock a été
tué. Je pense qu'il a réalisé que cette guerre n'aurait
jamais lieu. Je pense qu'il aurait été très difficile
d'exiger le départ des blancs d'un territoire qu'ils occupaient
déjà pour créer une telle frontière. Il savait
aussi qu'il n'y avait absolument pas d'engagement. Il se rendait compte
du constant vacillement. Je pense que parce qu'il se méfiait des
blancs depuis le tout début, parce qu'il avait appris à
l'être à travers l'expérience, il est vraiment incroyable
qu'il ait à ce point fait confiance à Brock. Il est encore
plus étonnant que pour un seul instant, il ait fait confiance à
Proctor. Mais qu'il ait fait autant confiance à Brock s'explique
: il l'admirait et il lui a fait confiance.
Decarie : C'est
pourquoi tout tourne autour de la personnalité de ces deux hommes.
Vous trouvez là deux personnages héroïques qui se rencontrent
au bon moment.
Valaskakis :
Absolument, particulièrement après Fallen Timbers. Si
vous lisez Hamlet pour la première fois sans en connaître
le dénouement et que vous analysez l'histoire de Tecumseh sous
cet angle, vous ne pouvez pas imaginer que cet homme va, pour un seul
instant, faire confiance aux Britanniques après Fallen Timbers.
Decarie : Non,
nous avons certainement l'impression qu'après la mort de Brock
et à la suite de sa déception de ne pas pouvoir garder son
propre peuple uni et d'en faire une véritable force, il avait,
vers la fin, peu de temps avant sa mort, finalement accepté la
situation comme étant normale et peut-être même souhaitable
... que tout était terminé.
Valaskakis : Je
ne sais pas s'il croyait que c'était souhaitable, mais je crois
qu'il avait finalement accepté le fait que la défaite était
imminente, et que de remporter la victoire était un rêve
impossible. Je crois que ça c'est vrai ... nous le ressentons profondément.
Et encore, je pense qu'un exemple qui prouve que l'homme était
vraiment remarquable est la certitude que nous avons, peuples des Premières
nations, qu'il y ait eu un conseil la veille de sa mort. Et pendant ce
conseil, il n'avait pas seulement prédit sa mort sur le champ de
bataille, il avait dégagé les Indiens et les avait invités
à regagner leur territoire, pour qu'ils se sauvent, pour qu'ils
ne soient pas tués lors de la bataille. Et il leur avait dit :
´ Vous n'avez pas à me suivre, et vous avez toutes les raisons
de ne pas me suivre. ª Et je pense que cela représente, pour
moi, la qualité de cet homme, non seulement sa vision, mais aussi
son altruisme pratique, son intégrité et une absence d'ego
personnel face à son engagement dans le genre de choses qu'il avait
accomplies.
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