Graeme Decarie, historien canadien

Lecture supplèmentaires :
George Prevost
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La stratégie de Sir George Prevost
Il est né en
Suisse et s'est mis au service des Britanniques. Ce genre de chose était
normal. Il a servi la couronne britannique en tant qu'administrateur,
soldat et diplomate. Il avait tous les pouvoirs. Il était le gouverneur.
Bien que sa base d'opérations était Québec, il était
responsable de l'Amérique du Nord britannique. Dans cet ordre d'idées,
ses pouvoirs étaient, pour ainsi dire, ceux d'un roi. Il détenait
le pouvoir civil et militaire. Il était l'autorité suprême
et s'il perdait la guerre, il serait tenu responsable.
Les gens trouvent à
redire parce qu'il n'était pas suffisamment agressif dans le genre
de guerre qu'il a menée. Je pense qu'ils font erreur. Je pense
que Prevost a livré exactement le genre de bataille qu'il devait
livrer. Prevost, contrairement aux Américains, connaissait très
bien ses responsabilités. Sa première responsabilité
était de défendre l'Amérique du Nord, principalement
l'Amérique du Nord britannique soit le Bas Canada. Il n'avait pas
à se préoccuper des Maritimes : la marine britannique pouvait
en assurer la défense. Il devait sauver le Bas Canada et la pierre
angulaire du Bas Canada était Québec. C'était sa
première préoccupation. Si possible, il devait aussi défendre
le Haut Canada et la région des Grands Lacs. C'était sa
deuxième préoccupation.
Il était aussi
un homme qui ne pouvait absolument pas gagner la guerre. Il ne possédait
ni les ressources, ni les troupes. Il livrait bataille contre un vaste
pays, très populeux et bien armé.
Il ne pouvait absolument
pas mener une guerre offensive et faire échec aux États-Unis.
Tout ce qu'il pouvait faire était de tenir bon et d'attendre qu'en
Europe, la Grande-Bretagne soit affranchie. Et c'est ce qu'il a fait.
Et il l'a fait avec une armée restreinte, toujours conscient que
s'il passait à l'offensive comme les gens le poussaient à
le faire et qu'il décimait ses troupes, il ne pouvait pas les remplacer.
Il était un homme qui, par une simple décision, ne pouvait
pas gagner la guerre mais pouvait la perdre.
Il s'est trompé
par excès de prudence, mais c'était ce qu'il avait à
faire. À la fin, Prevost est celui, je pense, qui a gagné
la guerre. Les Américains sont ceux qui l'ont perdue parce qu'ils
n'ont pas atteint leurs objectifs. C'est ce qu'il a accompli. Même
devant ce fait, les critiques ne l'ont pas épargné et, de
fait, il allait subir une enquête publique en Grande-Bretagne mais
il est décédé avant qu'elle débute. Je pense
que l'histoire a été injuste envers Prevost.
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