War of 1812english

Graeme Decarie, historien canadien

Lecture supplèmentaires :

George Prevost

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La stratégie de Sir George Prevost

Il est né en Suisse et s'est mis au service des Britanniques. Ce genre de chose était normal. Il a servi la couronne britannique en tant qu'administrateur, soldat et diplomate. Il avait tous les pouvoirs. Il était le gouverneur. Bien que sa base d'opérations était Québec, il était responsable de l'Amérique du Nord britannique. Dans cet ordre d'idées, ses pouvoirs étaient, pour ainsi dire, ceux d'un roi. Il détenait le pouvoir civil et militaire. Il était l'autorité suprême et s'il perdait la guerre, il serait tenu responsable.

Les gens trouvent à redire parce qu'il n'était pas suffisamment agressif dans le genre de guerre qu'il a menée. Je pense qu'ils font erreur. Je pense que Prevost a livré exactement le genre de bataille qu'il devait livrer. Prevost, contrairement aux Américains, connaissait très bien ses responsabilités. Sa première responsabilité était de défendre l'Amérique du Nord, principalement l'Amérique du Nord britannique soit le Bas Canada. Il n'avait pas à se préoccuper des Maritimes : la marine britannique pouvait en assurer la défense. Il devait sauver le Bas Canada et la pierre angulaire du Bas Canada était Québec. C'était sa première préoccupation. Si possible, il devait aussi défendre le Haut Canada et la région des Grands Lacs. C'était sa deuxième préoccupation.

Il était aussi un homme qui ne pouvait absolument pas gagner la guerre. Il ne possédait ni les ressources, ni les troupes. Il livrait bataille contre un vaste pays, très populeux et bien armé.

Il ne pouvait absolument pas mener une guerre offensive et faire échec aux États-Unis. Tout ce qu'il pouvait faire était de tenir bon et d'attendre qu'en Europe, la Grande-Bretagne soit affranchie. Et c'est ce qu'il a fait. Et il l'a fait avec une armée restreinte, toujours conscient que s'il passait à l'offensive comme les gens le poussaient à le faire et qu'il décimait ses troupes, il ne pouvait pas les remplacer. Il était un homme qui, par une simple décision, ne pouvait pas gagner la guerre mais pouvait la perdre.

Il s'est trompé par excès de prudence, mais c'était ce qu'il avait à faire. À la fin, Prevost est celui, je pense, qui a gagné la guerre. Les Américains sont ceux qui l'ont perdue parce qu'ils n'ont pas atteint leurs objectifs. C'est ce qu'il a accompli. Même devant ce fait, les critiques ne l'ont pas épargné et, de fait, il allait subir une enquête publique en Grande-Bretagne mais il est décédé avant qu'elle débute. Je pense que l'histoire a été injuste envers Prevost.