Graeme Decarie, historien canadien

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Les difficultés auxquelles Tecumseh
a dû faire face en tentant
d'unifier les Premières nations
Nous avons tendance
à croire que les Indiens et les autochtones étaient une
seule et même nation. Ils ne se percevaient pas de cette façon.
Ils se sentaient aussi différents les uns des autres que les Écossais
des Italiens, et les Italiens des Portugais. Ils avaient tous une longue
histoire avec leurs propres rivalités et leurs antipathies bien
à eux. Il était extraordinairement difficile de les unifier.
Le grand défi
de Tecumseh : surmonter tant bien que mal tous les vieux sentiments et
unifier les Premières nations. Il faisait face à un double
défi parce que les autochtones comprenaient très bien le
type de pouvoir auquel ils faisaient face et le genre de puissances que
représentaient les États-Unis et la Grande-Bretagne. Et,
comme les miliciens canadiens, un autochtone pouvait analyser la situation
et dire : ´ Eh bien, il n'y a pas de raisons que je m'implique, et
s'il y en a, peut-être que je serais mieux de ce côté-ci
plutôt que de l'autre. ª
Dans le passé,
il y avait une histoire de trahison tant de la part des Américains
que des Britanniques. Donc, les autochtones étaient tout naturellement
réticents à se risquer. Tecumseh avait donc du pain sur
la planche. Il avait aussi d'excellents soldats qui, tout comme les miliciens,
avaient d'autres préoccupations que le combat en tête : subvenir
aux besoins de leurs familles et de leurs villages. Et à moins
d'espérer une victoire rapide et une série de victoires,
ils n'étaient pas intéressés à rester dans
les parages.
Je crois que le lustre
de Tecumseh nous attire toujours parce que Tecumseh c'est le roi Arthur
le roi Arthur et Camelot dans un monde qui existe depuis des millénaires
et qui a été détruit sous une ruée de barbares.
En ce sens, Tecumseh représentait non seulement un idéal
très élevé pour les Premières nations mais,
à bien des égards, pour la société européenne.
Des idéaux que même la société européenne
oubliait : la chevalerie, l'honneur, la clairvoyance. Toutes ces choses
que nous idéalisons et qui nous rapproche les uns des autres. Il
y a eu d'autres batailles et d'autres chefs de file après Tecumseh
mais c'était une cause perdue avant même de débuter.
Tecumseh était
celui qui apparaissait avoir des chances de réussir mais je ne
crois pas qu'il l'ait fait. Je crois que, comme le roi Arthur, il représentait
ce qu'il y avait de mieux dans une société qui existe depuis
longtemps et qui était détruite par quelque chose de grossier,
de brutale et de matérialiste. Et, comme le roi Arthur, sa mort,
je pense, symbolise le passage de tout ce qui a existé auparavant.
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