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Les alliés britanniques

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Point de vue autochtone

C’est en 1609 que les Premières Nations furent mêlées pour la première fois aux guerres du Canada lorsqu’un groupe d’Algonquins, de Hurons et de Montagnais unirent leurs forces à celles de Samuel de Champlain. Tout au long du XVIIIe siècle, les guerriers des Premières Nations combattirent en maintes occasions aux côtés des soldats européens. Ainsi, lors de la Révolution américaine, la Grande-Bretagne fit appel à ses alliés autochtones pour l’aider à mater les colons rebelles.

Après que les États-Unis eurent conquis leur indépendance, le gouvernement britannique fournit une aide régulière aux tribus autochtones, tels les Shawnees, les Wyandots, les Delawares, les Miamis et les Potowatomis, tribus qui vivaient sur des territoires convoités par les États-Unis. Lorsque ceux-ci déclarèrent la guerre à la Grande-Bretagne en 1812, les autochtones furent invités à Fort Amherstburg et à d’autres postes britanniques où ils se virent offrir nourriture, vêtements, fusils et munitions.

Même si les Britanniques n’incitèrent jamais les autochtones à attaquer les villages américains, ils les encouragèrent à résister à la politique expansionniste des États-Unis, celle-ci menaçant non seulement le mode de vie des Amérindiens mais également le commerce britannique des fourrures ainsi que le territoire canadien.

L’attitude des Britanniques à l’égard de ces alliés était cependant changeante. Après la bataille de Fallen Timbers, en 1794, un grand nombre de guerriers amérindiens qui battaient en retraite devant les forces du général Anthony Wayne avaient été tués lorsque les Britanniques leur avaient refusé l’accès au fort Miami. Les Premières Nations étaient outrées de cette trahison parce que les agents britanniques leur avaient fourni matériel et encouragement pour résister aux Américains.

En 1807, l’opinion publique américaine fut scandalisée par l’incident du Chesapeake, au cours duquel la souveraineté et les droits maritimes des États-Unis furent ouvertement bafoués par la marine britannique. Lorsque les Anglais virent que cet incident pouvait dégénérer en conflit armé, ils recherchèrent aussitôt l’aide de leurs alliés autochtones.

De même, lorsque les tensions se ravivèrent au cours de l’année 1812, le général de division Isaac Brock reconnut que les guerriers autochtones étaient essentiels à la défense du Canada. Après que son appel à l’aide eut reçu un accueil plutôt tiède, Brock était décidé à remporter aussitôt que possible quelques victoires qui lui permettraient de convaincre les Premières Nations que les Britanniques étaient " sérieusement engagés dans la guerre ."

Tecumseh et les guerriers de sa confédération étaient disposés à combattre aux côtés des Britanniques, en grande partie parce qu’ils voyaient que cette guerre représentait probablement leur dernière chance de protéger leurs territoires situés entre le fleuve Mississippi et la rivière Ohio. Quant à eux, les Iroquois de la rivière Grand firent d’abord preuve de plus de réticence. Traditionnellement, les Iroquois étaient les ennemis des Américains, mais ils commençaient à se demander ce qu’ils gagnaient réellement à prendre parti dans les guerres des hommes blancs. Leur territoire n’étant pas directement menacé, ils ne sentaient pas la même urgence d’agir que Tecumseh et sa confédération. Plus tard, grâce à l’influence du chef John Norton, les Britanniques gagnèrent l’appui des guerriers de la rivière Grand pendant la plus grande partie de la guerre. Ceux-ci se distinguèrent au cours de plusieurs batailles, dont celles de Queenston Heights, de Chippewa et de Châteauguay.

En juillet 1812, une armée composée de Britanniques et de guerriers autochtones s’empara du fort Mackinac. Le vœu de Brock était exaucé et il gagna bientôt l’appui d’un grand nombre de nations du Nord-Ouest. Lorsqu’il apprit la nouvelle de ces nouvelles alliances, le brigadier- général américain William Hull vit ses pires craintes se réaliser. Il écrivit au Secrétaire de la Guerre que " la capitulation de Michilimackinac a réveillé les Indiens du Nord et ils essaiment maintenant dans toutes les directions. Mise à part une partie des Miami et des Delaware, presque toutes les tribus habitant un territoire s’étendant jusqu’au-delà du lac Supérieur au nord et du Mississipi à l’ouest, jusqu’aux rivières Ohio et Wabash au sud et jusqu’aux confins du Haut Canada au nord se sont unies sous la bannière britannique. "

Même si leur participation était rarement reconnue, les guerriers autochtones étaient souvent bienvenus dans les rangs de l’armée, à cause de leurs méthodes de combat peu orthodoxes, de leur courage et de leur capacité d’intimider l’ennemi. Certains officiers britanniques les considéraient comme les meilleures troupes légères au monde. Leur réputation était telle que la perspective d’affronter les " sauvages " précipita la reddition du général Hull à Détroit.

La volonté de combattre de plusieurs tribus s’estompa après la mort du chef Shawnee Tecumseh à Moraviantown. La lutte pour la sauvegarde des territoires situés entre le rivière Ohio et le fleuve Mississippi n’était cependant pas terminée.