L'armistice Dearborn-Prevost
|
Larmistice Dearborn-PrevostCe court cessez-le-feu est une preuve du manque denthousiasme pour la guerre qui existait des deux côtés de la frontière. Une attitude ambivalente à légard de leffort de guerre était courante, même au plus haut niveau des deux administrations. À Québec, le gouverneur général britannique, le général George Prevost, semployait à des négociations complexes pour éviter le conflit. Même après linvasion du Canada, Prevost renâclait à poursuivre autre chose quune stratégie défensive. Dans lÉtat de New York, lengagement du commandant en chef de larmée des États-Unis, Henry Dearborn, oscillait entre le recrutement, à contrecur, des milices et linaction totale.
Les politiques des deux hommes irritaient souvent leurs officiers subordonnés. Heureusement pour le Canada, lun de ses administrateurs en chef, Isaac Brock, était un général dexpérience et de talent qui avait eu la sagesse de se préparer à la guerre. Les États-Unis neurent pas cette chance. En août 1812, les nouvelles de la révocation des ordres en conseil par le gouvernement britannique arrivent en Amérique du Nord. Prevost envoie immédiatement le colonel Edward Baynes rencontrer Dearborn à Albany, dans lÉtat de New York. Prevost était optimiste et espérait que la guerre pourrait être évitée. Même si le gouverneur général ne pouvait pas savoir que Dearborn ne tenait pas vraiment à mener larmée américaine au combat, le président James Madison et le secrétaire de la Guerre William Eustis, eux, le savaient certainement. Un mois après la déclaration de guerre, Dearborn cherchait toujours à esquiver ses responsabilités visant leffort de guerre. Il écrivait : " Qui commandera les opérations au Haut-Canada ? Je suis sûr que mon autorité ne sétend pas jusquen ces régions éloignées. " Après plusieurs jours de négociations entre Baynes et Dearborn, on convint dun cessez-le-feu. Il entrerait en vigueur le 20 août et pourrait être résilié par nimporte lequel des deux signataires après un avis de quatre jours. Peut-être parce quil avait déjà été ministre de la Guerre, Dearborn ne consulta pas William Eustis au sujet de laccord. Dearborn admit, cependant, que larmistice nétait pas légitime sans laval du président. Quand le président Madison eut vent de laccord, il ordonna immédiatement sa résiliation. Un traité de paix était impensable tant que la Royal Navy recrutait, de force, des marins américains. À court terme, les Américains furent favorisés par ce cessez-le-feu. Ils avaient besoin dun répit après la défaite de Detroit. Le cessez-le-feu leur permit de fortifier leurs positions affaiblies. Cet accord leur permit même daccéder au lac Ontario et des renforts furent postés à proximité de limportant objectif britannique de Sackett's Harbour. Le seul inconvénient pour les Américains fut que lémissaire britannique Edward Baynes profita de son voyage à Albany pour recueillir des renseignements. Baynes put juger, de première main, de limpopularité de la guerre chez les Américains du Nord-Est et du manque de préparation chez lennemi. Brock fut effaré quand il entendit parler du cessez-le-feu du 23 août 1812. Cet accord venait briser lélan de ses préparatifs et menaçait son alliance avec Tecumseh. Les Premières Nations doutaient déjà de lengagement des Britanniques envers leur cause et cette trêve aggravait leurs soupçons. Brock savait aussi que cet arrangement était trop fragile pour arrêter la guerre. Il avait aussi correctement prédit que les Américains en profiteraient pour renforcer leurs positions aux emplacements quil comptait attaquer. Cet armistice se termina le 8 septembre 1812. Des milliers dhommes périront ou seront mutilés avant quon essaie à nouveau darrêter cette guerre. |