Guerre de 1812Events and Locationsenglish

La campagne du Niagara de 1814 : la bataille de Chippawa

Lectures supplémentaires :

Le chemin vers Lundy’s Lane : introduction à la campagne de Niagara

Les Iroquois en 1814

La conquête du Fort Erié par les Américain

Les Iroquois se rencontrent dans la forêt à Chippawa

La bataille de Lundy's Lane

 

John Norton rencontre les Iroquois de New York après la bataille de Chippawa

Le chef John Norton de la Grande Rivière se souvient d’une réunion avec des chefs des Six Nations qui avaient combattu avec les Américains à la bataille de Chippewa. Le récit de Norton traite principalement des explications données par ces chefs quant aux pressions subies pour combattre aux côtés États-Unis.

" Quand je me suis joint au colonel Scott à Burlington, j'ai constaté qu'il avait concentré la totalité de son régiment, le 103e, à cet endroit, et qu'il était prêt à s’avancer pour attaquer l'ennemi par derrière, si celui-ci essayait d’attaquer le Général Riall à Fort George. Plus de mille miliciens étaient prêts et se sont mis en route en même temps. Nous l’avons suivi avec cinq ou six cents guerriers et l’avons rejoint à Forty Mile Creek.

Certains de nos hommes qui avaient quitté Burlington après nous sont arrivés à cet endroit; ils m’ont informé que deux Indiens de l'armée américaine étaient arrivés là avec un vieux chef des Cayugas, qu'ils avaient fait prisonnier à Chippewa. Ils avaient proposé une réunion des chefs des différentes tribus, et les Onondagas et les Shawanons, qui nous suivaient de quelques milles sur la route, sont venus écouter ce qu'ils avaient à dire.

J'ai été voir les deux hommes. J’en connaissais un des deux, car il y avait seulement quatre ans qu'il avait émigré de la Grande Rivière au village de cette nation situé du côté américain de la frontière. Ils étaient assis avec le vieil homme qu'ils avaient reconduit chez lui. J'ai constaté qu'ils étaient venus pour proposer un échange de prisonniers, et qu'ils s’attendaient à voir un de leurs chefs parmi les prisonniers, mais celui-ci avait été probablement tué au combat.

Ils ont dit qu’ils avaient délibéré avec les nôtres en présence de l’officier qui commandait la garnison, et qu’ils leur avaient demandé de rester neutres. Ils espéraient qu’en agissant de la sorte, les Américains leur permettraient de rester tranquillement chez eux. D’autant plus qu’à l’époque, les Américains avaient suffisamment d’hommes pour parer à toutes les situations et qu’ils ne demanderaient jamais l’aide d’aucune tribu indienne. Mais, maintenant, les Américains avaient changé de ton parce que certains Indiens aidaient les Britanniques, il nous fallait, nous, aider les Américains, sinon ils nous considéreraient comme des ennemis et des alliés secrets des Britanniques. Nous étions pris au piège, parce que nos familles étaient là, mais nous ne voulions pas vraiment combattre à leurs côtés parce qu’il nous faudrait lutter contre des parents et des amis.

Je leur ai dit que leur situation et celle des tribus combattant pour le Roi étaient très différentes. Ces tribus voyaient le Roi comme leur père et protecteur et, donc, il était normal de combattre pour appuyer son autorité; mais les Américains étaient totalement différents : ils étaient l’ennemi de tous les autochtones; aucun Indien ne devait donc se battre sous leur bannière. Les Américains se servaient des Indiens comme le chasseur le fait d’un chien, le poussant toujours vers le danger, et ne lui décernant aucun titre de gloire. Vous ne pouvez peut-être pas résister à leur puissance, mais vous pouvez éviter d’être enrôlés en partant chasser dans les bois. N’importe quoi est mieux que de laisser à ceux qui ont pris vos terres le droit de disposer de vos vies. S’ils pouvaient se servir de vous de cette manière, ils seraient très contents, et il ne resterait seulement que des femmes et des enfants pour réclamer le peu de terre qu’il vous reste.

Ces hommes semblaient pressés de rentrer chez eux, et je leur ai demandé de rester quel-ques jours, parce que j’avais peur que l’ennemi pourrait se renseigner sur le déplacement de nos hommes en les interrogeant. Mais ils m’ont affirmé qu’il n’y avait que leur peuple qui attendait leur retour pour pouvoir quitter l’armée américaine définitivement.