Guerre de 1812Events and Locationsenglish

La bataille de la ferme de Crysler


La bataille de la ferme de Crysler

Au début de l’après-midi, un régiment américain avança en direction de l’aile gauche bri-tannique. Tout à coup, une unité de voltigeurs et de guerriers autochtones, qui étaient cachés, apparut et ouvrit le feu. Il y eut un bref échange de coups de feu avant que les Américains ne forcent leurs assaillants à battre en retraite et ne s’élancent à leur poursuite. Ce fut un moment critique : si les Américains réussissaient à forcer le passage entre le 89e régiment britannique et le marais près duquel il était en position, ils pouvaient faire demi-tour et attaquer les Britanniques à revers. Mais, sous les ordres de Morrison, le 49e exécuta une série de manoeuvres, comme sur le terrain d’exercice, pivotant de 90° vers l’arrière, de sorte que les soldats firent face aux Américains qui chargeaient et leur servirent une salve nourrie. Les Américains brisèrent les rangs et s’enfuirent.

Le commandant américain lança alors à travers les champs labourés ses trois brigades sur le flanc droit des Britanniques. Morrison répondit avec une autre manoeuvre classique : il groupa ses soldats en pelotons décalés qui tirèrent et rechargèrent à tour de rôle, provoquant un feu roulant à l’effet dévastateur.

Boyd lança ensuite une unité de cavalerie qui descendit au galop la route située entre la rivière et l’aile droite britannique. Si les Américains réussissaient à contourner les Britanniques, ils pourraient pivoter et les prendre à revers. Mais, sur l’ordre de Morrison, le 49e régiment fit un demi-tour arrière sur la gauche pour faire face à la cavalerie et faucha l’unité au complet d’une seule salve meurtrière.

L’armée américaine au complet battait en retraite sous la poussée incessante des Britan-niques. Les Américains ne furent sauvés d’une défaite humiliante que par la proximité de leurs bateaux, dans lesquels ils s’entassèrent pour regagner en toute hâte l’autre rive.

Le jour suivant, Wilkinson convoqua un conseil de guerre au cours duquel on décida de re-noncer à l’attaque de Montréal.

Une fois de plus, l’armée américaine avait essuyé une défaite aux mains d’un adversaire beaucoup moins nombreux et, une fois de plus, le manque de leadership en était la cause. Au lieu d’attaquer simultanément les deux ailes britanniques, Boyd les avait attaquées l’une après l’autre, donnant ainsi l’avantage aux troupes peu nombreuses mais expérimentées de Morrison.

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