Guerre de 1812Events and Locationsenglish

La campagne de Détroit


Lectures supplémentaires :

La capture du Fort Mackinac

La bataille de Détroit

Massacre au Fort Dearborn

 

La capture du Cuyahoga Packet

Tandis que, sous les ordres du général Hull, l’armée américaine du Nord-Ouest se fraie un chemin vers le nord à travers les forêts du Michigan, William Beall se trouve à bord du schooner Cuyahoga Packet. Celui-ci remonte calmement la rivière Détroit vers le fort du même nom, où Beall doit rencontrer Hull. Beall, un assistant quartier-maître général, se considère chanceux de pouvoir faire le voyage par voie d’eau, l’alternative étant d’accompagner Hull, en ce début de juillet, dans sa marche forcée à travers un territoire infesté de moustiques.

Beall a soulagé l’armée d’une partie de son matériel, entre autres de ses instruments de musique. À bord du schooner voyagent aussi une trentaine de réguliers trop malades pour faire le voyage par voie de terre. Abraham Hull, fils et aide de camp du général, a cru bon d’embarquer sur le bateau les effets personnels de celui-ci, y compris son journal et toute la correspondance qu’il a échangée avec le Ministre de la guerre William Eustis. Dans aucune de ses lettres récentes Eustis n’a clairement fait mention de l’imminence d’une guerre avec la Grande-Bretagne.

À Amherstburg, du côté canadien de la rivière Détroit, le lieutenant Frédéric Rolette peut distinguer la bannière étoilée flottant sur le schooner tandis que celui-ci glisse sur les eaux à proximité du fort britannique. Le jeune Canadien-français, officier de la marine provinciale, va bientôt ajouter à sa réputation d’homme intrépide et faisant preuve d’esprit de décision. Il prend la tête de six hommes armés et, à bord d’une chaloupe, le petit groupe rame vigoureusement en direction du navire américain. Le capitaine du Cuyahoga, Luther Chapin, s’attend de toute évidence à des salutations de la part des Canadiens d’ordinaire amicaux. Il est plutôt éberlué de se trouver dans la ligne de mire de six mousquets tandis que Rolette lui ordonne de baisser les grands-voiles. Chapin cherche conseil auprès d’un Beall aussi ébahi que lui, mais un coup de semonce de Rolette le persuade rapidement du sérieux de ses intentions.

Les Américains sont cinq fois plus nombreux que les Canadiens mais, heureusement pour ces derniers, les armes du Cuyahoga sont rangées à fond de cale et les Américains sont trop malades pour se battre. Tandis que les Américains sont enfermés dans leur navire, Rolette apprend à Beall que la nouvelle de la déclaration de guerre des États-Unis est arrivée la veille à Amherstburg. Beall et ses hommes n’opposent aucune résistance, convaincus que le jeune lieutenant est dans l’erreur. Mais pour comble, Rolette découvre les instruments de musique et les Américains humiliés doivent jouer le " God Save The King " tandis que le Cuyahoga fait son entrée dans le port d’Amherstburg.

Ce n’est qu’en se livrant à un examen plus approfondi de la cargaison du navire que les Britanniques se rendent compte de leur chance. La correspondance échangée entre le général Hull et le ministre de la guerre Eustis fournit nombre de renseignements sur l’armée en marche, sur sa force et sur le moral des troupes, sur l’état du ravitaillement ainsi que sur de possibles stratégies offensives. Les documents personnels de Hull trahissent sa préoccupation grandissante à l’égard des combats avec les Indiens. Toutes ces informations sont transmises à Brock qui les utilisera pour établir sa stratégie en vue de l’attaque du Fort Détroit.