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La campagne de Détroit : La bataille du Fort Détroit

" Mon Dieu, que vais-je faire de ces femmes et de ces enfants ? "
Général William Hull

 

Lectures supplémentaires :

La bataille du Fort Détroit

Premières Nations à Détroit

Tecumseh à Détroit

Brock à Détroit

Hull à Fort Détroit

 

Les américains à Détroit

Émergeant d’un des rares moments de sommeil que lui accorde une nuit qui l’a mis au supplice, le général Hull apprend une nouvelle qui le paralyse littéralement de peur : Tecumseh et ses guerriers ont investi Détroit et se dirigent vers le fort. La tension des six dernières semaines a raison de lui et il s’effondre.

À peine un mois plus tôt, à Sandwich, l’armée américaine a pris pied sur le sol canadien sans rencontrer d’opposition. Pendant un court laps de temps, Hull a cru son armée capable de vaincre l’ennemi, malgré son manque d’équipement, d’entraînement et de commandement. Mais les Américains hésitent à affronter leurs adversaires au fort Malden et les renforts britanniques arrivent. Le 7 août, Hull l'indécis se replie sur Détroit.

Les troupes mal nourries acceptent mal ce retrait et leur moral s’effrite. Une semaine après le retour de l’armée américaine à Détroit, les colonels Cass et McArthur complotent ouvertement dans le but de destituer leur commandant. Hull envoie les deux officiers en mission à la tête d’un détachement de 350 hommes, dans une dernière tentative de trouver un nouveau circuit de ravitaillement. Vu l’imminence de la bataille, la stratégie est pour le moins étrange. Au cours de l’après-midi suivant, à Sandwich, les Américains et les Britanniques se livrent à un duel d’artillerie au-dessus de la rivière, canonnade au cours de laquelle des centaines de livres de boulets de fonte sont tirés bien après la tombée de la nuit.

Maintenant que les guerriers de Tecumseh entrent sans opposition dans la place, Hull perd toute envie de se battre. Les troupes sont impatientes d’en découdre avec l’ennemi, mais l’ordre d’aller au combat n’est pas donné. Les canons des Britanniques, maintenant repostés, sèment la dévastation à l’intérieur du fort. Hull voit ses hommes tués ou démembrés par les boulets. Ses soldats sont fouettés par le désir de vengeance, mais le général voit seulement les conséquences qu’une bataille prolongée pourrait avoir sur sa famille et ses amis restés à l’intérieur du fort.

Hull ordonne d’agiter une nappe blanche à l’extérieur du fort afin de demander un cessez-le-feu. Du côté américain, les soldats et les officiers sont stupéfiés. Tout semblant d’ordre a disparu en même temps que toute volonté de combattre, tandis que circule la nouvelle que le commandant négocie les termes d’une trêve temporaire qui se transforme vite en reddition sans conditions. Les Américains perdent 2200 hommes, le fort, la totalité de leur équipement militaire ainsi que le contrôle du Michigan.