english

La bataille du lac Érié




 

Lectures supplémentaires :

Résumé de la bataille du lac Érié

Arrière-plan des britanniques au lac Érié

Arrière-plan des américains au lac Érié

Les britanniques au lac Érié


Les américains à la bataille du lac Érié

À Put-in-Bay, au matin du 10 septembre, un marin américain aperçoit les voiles de la flotte britannique qui approche. Sans perdre une minute, Oliver Hazard Perry lève l’ancre et va au-devant de l’ennemi. Le vent est contre lui, ce qui inquiète son capitaine de vaisseau. Le subordonné de Perry lui fait remarquer que, s’il poursuit sa course, il se trouvera désavantagé en combattant la flotte de Robert Barclay sous le vent, en donnant à l’ennemi ce que les marins appellent " l’avantage du vent ".

Mais Perry est résolu : " Je m’en fiche, dit-il, au vent ou sous le vent, ils devront se battre aujourd’hui. " Une fois de plus, la chance légendaire de Perry lui sourit puisque tout à coup, à la dernière minute, le vent vire. Les Américains gagnent l’avantage du vent et la plus grande capacité de manœuvre qui s’ensuit.

Le soir précédent, Perry a dévoilé sa stratégie à ses officiers. Comme les Américains sont surtout armés de canons à faible portée, il est essentiel qu’ils combattent l’ennemi à bout portant. Perry répète la célèbre phrase de Nelson : " Si vous accostez l’ennemi bord à bord, vous serez au bon endroit. "

Aujourd’hui, Perry fera preuve de bravoure mais il est loin d’être une personne audacieuse sans cervelle. Le commandant américain évite de porter l’uniforme aux couleurs vives des officiers qui aurait fait de lui une cible de choix ; au lieu de cela, il endosse la veste bleue régulière des marins.

Lorsque l’escadre américaine se rapproche, Perry se rend compte que les navires britanniques ne se présentent pas dans l’ordre anticipé. Il modifie alors l’emplacement de ses navires. Le capitaine Jesse Elliott, qui à l’origine se trouvait en tête de file, doit se poster à l’arrière. Par la suite, Elliott passera la plus grande partie de la bataille à l’arrière, se contentant de lancer contre les Britanniques des boulets de longue portée totalement inefficaces.

Vers midi, le vaisseau amiral de Perry, le Lawrence, est suffisamment près de l’ennemi pour que ses canons à faible portée deviennent efficaces. Le vaisseau a déjà essuyé un martèlement effroyable au cours de son approche. Pendant les deux heures qui suivent, la bataille principale se déroulera entre le Lawrence et les deux plus gros vaisseaux britanniques, le Detroit et le Queen Charlotte. À bord du Niagara, Elliott continue de garder ses distances, provoquant la colère de l’équipage de Perry. Il n’a pas attaqué le Queen Charlotte, ainsi que l’a ordonné Perry. Ceci a permis au Queen Charlotte de se joindre au Detroit pour pilonner le Lawrence.

Perry continue de se battre jusqu’à ce que tous les canons du Lawrence soient mis hors d’usage. À ce moment-là, la plupart des membres de son équipage sont morts ou trop gravement blessés pour pouvoir servir les canons.

Jesse Elliott finit par s’approcher, à bord du Niagara. De toute évidence, il croit que Perry est mort et il espère peut-être sauver la situation et se couvrir de gloire. Mais Perry est bel et bien vivant. Mettant un canot à la mer, il rame jusqu’au Niagara. À sa grande surprise, Elliott voit Perry monter à son bord et lui ordonner de prendre le canot et d’aller dire aux vaisseaux américains éparpillés de se rassembler. S’étant conformé à ce dernier ordre, Elliott prend ensuite le commandement d’une des canonnières et combat courageusement jusqu’à la fin de l’engagement.

Quelques minutes après son arrivée sur le Niagara et après avoir hissé son fanion personnel au grand mât, Perry file tout droit à travers la ligne britannique, " à la moitié de la distance d’un coup de pistolet ", comme il dira plus tard. Ses canons doublement chargés pour créer les plus grands ravages possible, Perry ouvre le feu de son flanc tribord sur le Detroit et le Queen Charlotte quand il se trouve à leur hauteur. Au même moment, il ouvre le feu de son flanc bâbord sur deux vaisseaux britanniques plus petits, le Chippawa et le Lady Prevost.

À l’heure qu’il est, tous les officiers supérieurs britanniques sont gravement blessés ou morts, et tous leurs vaisseaux sont commandés par de jeunes officiers sans expérience qui ne tardent pas à se rendre. Deux canonnières, le Chippawa et le Little Belt, tentent de s’échapper, mais elles sont vite rattrapées. À trois heures de l’après-midi, la bataille est terminée.

Perry trouve alors le temps d’envoyer au Général William Henry Harrison un bref message dont la première phrase deviendra célèbre : " Nous avons rencontré l’ennemi et nous l’avons capturé. Deux vaisseaux, deux bricks, une goélette et un sloop. Bien à vous, avec mon estime et mon plus grand respect, O. H. Perry ".

Il s’agit, en effet, d’une victoire majeure : c’est la première fois de toute l’histoire qu’une flotte britannique entière est défaite et capturée.

Dans son rapport officiel, Perry fait l’éloge d’Elliott dans des termes tellement dithyrambiques que le Congrès pose le geste inhabituel de faire frapper une médaille de la victoire à l’effigie d’Elliott et de Perry. Mais les autres officiers ne sont pas contents et, bientôt, des rumeurs concernant la conduite étrange d’Elliott pendant la bataille commencent à circuler. La controverse qui s’ensuivit fit rage pendant une bonne partie du XIXe siècle, longtemps après que les protagonistes eurent été enterrés.