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La bataille de Frenchtown : massacre sur la rivière Raisin


 


La bataille de Frenchtown : massacre sur
la rivière Raisin

Après la chute de Détroit, le président James Madison réorganisa l’armée du Nord-Ouest et en confia le commandement à William Henry Harrison. En janvier 1813, celui-ci divisa son armée en deux pour tenter de reconquérir le Michigan. Il prit lui-même la tête d’une première colonne qui se rendit dans la région de la Haute-Sandusky tandis que la seconde, sous les ordres du colonel James Winchester, poussa vers l’ouest. Harrison avait donné l’ordre de rester à une distance d’appui réciproque mais, de son propre chef, Winchester poursuivit sa route jusqu'à l’établissement de Frenchtown, sur la rivière Raisin, où il réussit sans peine à disperser des troupes britanniques peu nombreuses. Trop confiant, Winchester dispersa alors ses hommes à travers le village et choisit d’établir ses quartiers dans une maison isolée, située à l’extérieur de l’enceinte du village.

Aussitôt qu’il apprit la nouvelle de la défaite des Britanniques, le colonel Henry Procter, qui commandait les forces britanniques de la région, fit rapidement réunir toutes les troupes disponibles (c’est-à-dire environ 500 réguliers et à peu près le même nombre de guerriers autochtones sous les ordres du chef wyandot Roundhead) et se mit en route pour Frenchtown où il arriva par la rivière gelée.

À l’aube du 22 janvier, les forces britanniques surprirent les Américains. Ils enfoncèrent rapidement l’aile droite des défenses américaines, qui se trouva débordée, mais l’aile gauche, barricadée à l’intérieur du fort, continua d’opposer de la résistance. Winchester, qui s’était entre-temps réveillé au son de l’artillerie et des coups de feu, fut capturé par le chef Roundhead alors qu’il tentait de rejoindre son poste de commandement; il capitula rapidement avec toute son armée.

Craignant que Harrison ne contre-attaque, le colonel Procter et ses troupes régulières se replièrent sur Brownstown avec leurs prisonniers en emmenant leurs blessés sur des traîneaux. Ne disposant pas d’un nombre suffisant de traîneaux pour emmener les blessés américains, les Britanniques les laissèrent sous la garde des guerriers autochtones. Plus tard, Procter affirma qu’il avait eu l’intention de les envoyer chercher le lendemain, mais entre-temps, les guerriers avaient exécuté entre 30 et 60 de leurs prisonniers, dont plusieurs volontaires du Kentucky. Cet incident fut bientôt connu dans la presse américaine sous le nom de " massacre de la rivière Raisin. "

La défaite de Frenchtown obligea Harrison à abandonner son projet de campagne d'hiver. Il décida plutôt de construire le Fort Meigs, aux rapides de la Maumée.

Pendant tout le reste de la guerre, " Souvenez-vous de la rivière Raisin ! " fut un cri de ralliement des miliciens du Kentucky.