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Le siège du fort Meigs


Fort Meigs et alentours

 


Le siège du fort Meigs

Après la défaite de Frenchtown, en janvier 1813, William Henry Harrison ordonna la construction du Fort Meigs, aux rapides de la rivière Maumée. Au début du mois de mai, le fort était à peine terminé lorsque 2000 réguliers et miliciens sous les ordres du colonel Procter l’attaquèrent, appuyés par le chef Tecumseh et 1000 de ses guerriers.

Le 5 mai, le général américain Green Clay et 1600 soldats approchaient du fort en bateau lorsqu’ils furent rejoints par un messager de Harrison qui leur transmit l’ordre de se séparer en deux colonnes de 800 soldats chacune. La première avait pour mission de débarquer sur la rive droite et de rejoindre le fort malgré les guerriers de Tecumseh qui en interdisaient l’accès. La deuxième devait prendre pied sur la rive gauche afin de s’empa-rer d’une batterie de canons et de l’enclouer avant de rejoindre la première colonne de l’autre côté de la rivière. Il semble que Clay ait cependant omis de dire aux soldats de la deuxième colonne ce qu’ils devaient faire après la destruction des pièces d’artillerie britanniques.

Les Américains mirent les artilleurs britanniques en déroute et enclouèrent les canons, mais personne ne semblait savoir quoi faire ensuite. Un petit nombre de guerriers autochtones se mit alors à harceler l’aile gauche des Américains. Plus de la moitié des soldats de la colonne s’engagèrent à leur poursuite. Ils ne savaient pas que ces guerriers étaient ceux de Tecumseh et qu’ils avaient été envoyés par leur chef pour les attirer dans la forêt, où ils tombèrent dans une embuscade. Beaucoup d’entre eux furent tués avant que le reste de la troupe ne fût en mesure de battre en retraite en direction de la rivière. Là, ils se heurtèrent à leurs camarades qui eux-mêmes fuyaient devant une contre-attaque britannique. Les soldats furent pris dans un feu croisé meurtrier et moins de 150 d'entre eux échappèrent à la mort ou à la capture.

Après leur reddition, les Américains furent conduits en aval jusqu’à l’emplacement de l’ancien Fort Miami. En cours de route, les guerriers autochtones les dépouillèrent de leurs vêtements et de leurs biens . Une fois au fort, certains guerriers commencèrent à tuer leurs prisonniers, comme lors du massacre de la rivière au Raisin. Ce fut alors que Tecumseh arriva et s’adressa à ses guerriers ; bientôt, les fautifs quittaient les lieux, honteux. Par son charisme, Tecumseh avait évité le massacre.

Les murs du Fort Meigs étaient protégés par d’épais remblais de terre qui rendaient les boulets de canon pratiquement inoffensifs. Bien que plus de mille boulets eussent été tirés sur le fort, celui-ci n’en avait que peu souffert. Les Britanniques ne pouvaient pénétrer dans le fort ni les Américains en sortir : c’était l’impasse. Les guerriers de Tecumseh n’étaient pas disposés à faire un long siège. Les miliciens canadiens ne l’étaient pas plus : on était au printemps et s’ils ne faisaient pas les semailles immédiatement, ils souffriraient à coup sûr de la faim l’hiver suivant.

Procter n’avait pas le choix : il devait lever le siège. La campagne de l’hiver et du prin-temps 1813 s’acheva sans donc qu’il y eût de vainqueur.