Guerre de 1812Events and Locationsenglish

L’émeute de Lachine

 

L’émeute de Lachine

À l’été de 1812, le gouverneur général George Prevost réalise pleinement la précarité de sa situation au Bas-Canada. Il se prépare donc pour une guerre qu’il espère malgré tout pouvoir éviter. Il sait que, si la guerre éclate, Montréal sera sans doute une des premières cibles des Américains. Le Saint-Laurent est la ligne de ravitaillement qui relie Québec au reste du Canada. C’est pourquoi les Américains se doivent d’attaquer Montréal. Et si Montréal tombe, le Haut-Canada sera absorbé par les États-Unis.

Il y a très peu de troupes britanniques postées dans la région de Montréal. Prevost se rend bien compte que le sort du Bas-Canada se trouve entre les mains des Canadiens français puisque ceux-ci composent la majorité de la population. De leur côté, les Américains s’attendent à ce que les Canadiens se retournent contre le gouvernement britannique une fois que les hostilités auront commencé. Mais, en fait, l’élite politique et religieuse du Québec francophone a mis en garde la population contre la démocratie à l’américaine, qui constituerait une menace économique et sociale sérieuse pour la culture canadienne-française.

Telle est la situation à laquelle Prevost est confronté lorsqu’il arrive à Montréal. Il se prépare donc à enrôler deux mille jeunes célibataires dans la milice locale. Le 4 juillet, des hommes de la paroisse de Pointe-Claire manifestent. Lorsque l’armée tente d’encercler les protestataires, ceux-ci résistent et se dirigent vers le village de Lachine où ils espèrent trouver des bateaux pour s’échapper. L’armée les suit et l’émeute éclate. Des coups sont tirés des deux côtés : deux civils sont tués. Des centaines de soldats du 49e Régiment britannique fouillent le village et arrêtent les suspects. Bientôt, ils ont plus de prisonniers que d’espaces où les détenir.

Heureusement pour les autorités locales, Prevost est là pour exercer ses talents de diplomate bien connus. Le gouverneur général est en partie Suisse et parle couramment le français. De plus, il est parfaitement conscient de l’importance de gagner l’appui des Canadiens français catholiques qui forment la vaste majorité de la population. Il libère donc les manifestants, à l’exception des meneurs. Puis, il décrète de nouvelles mesures garantissant la liberté religieuse et linguistique des Canadiens français. Il obtient ainsi le respect et la confiance de la communauté québécoise.

Les Canadiens français joueront un rôle important dans la défense de l’Amérique du Nord britannique. Le régiment des Voltigeurs canadiens, sous le commandement de Charles Michel de Salaberry, deviendra l’un des plus célèbres régiments du Canada.