Lattaque de Lacolle
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Lattaque de LacolleÀ lautomne de 1812, le général de division Henry Dearborn se décide enfin à attaquer Montréal. La stratégie des Américains consiste à diviser le Haut-Canada et le Bas-Canada en coupant la voie de ravitaillement que constitue le fleuve Saint-Laurent. Mais Dearborn a été désespérément lent dans ses préparatifs dinvasion. Le recrutement des volontaires en Nouvelle-Angleterre est difficile et le commandant américain en est extrêmement découragé. Les habitants de la Nouvelle-Angleterre nont que peu dintérêt à attaquer ces voisins qui sont en même temps leurs plus importants partenaires commerciaux. La plupart des 6000 hommes que Dearborn parvient finalement à rassembler à Albany proviennent donc dautres États de lUnion. Après la reddition humiliante de Hull à Détroit et linvasion manquée à Queenston Heights, beaucoup dAméricains veulent une victoire à tout prix. Le président James Madison en a assez des hésitations de Dearborn : il ordonne linvasion. " Malgré la saison avancée et les difficultés rencontrées, il est essentiel, dit-il, que vous fassiez tout ce qui est en votre pouvoir pour mener à bien lexpédition contre Montréal. " Une grande partie de larmée de Dearborn prend la route du nord jusquà Plattsburg. Le 27 novembre 1812, larmée américaine traverse la frontière près de Lacolle, au sud de Montréal. 300 Voltigeurs canadiens et 230 guerriers mohawks de Kahnawake sous les ordres de Charles de Salaberry sentassent autour dun moulin près du village. De Salaberry et ses hommes résistent férocement à lattaque américaine mais, trop peu nombreux, ils doivent battre en retraite à la nuit tombée. Les envahisseurs prennent le contrôle du moulin et préparent rapidement leur prochaine avance. Au cours de la nuit, le moulin est attaqué. Pendant des heures, une bataille rangée fait rage dans lobscurité. Au lever du jour, les Américains se rendent compte avec horreur de leur méprise : ils ont combattu une autre unité américaine qui avait traversé la frontière de son côté. Les Américains se sont entretués. Encore ébranlés, les soldats sont pris par surprise quand de Salaberry lance sa contre-attaque. Les miliciens américains nont jamais été très enthousiastes à lidée denvahir le Canada. Lincident du moulin est la goutte deau qui fait déborder le vase : ils battent en retraite de lautre côté de la frontière. Lhiver qui arrive empêche les Américains de tenter une autre invasion. Ainsi, la première tentative dinvasion du Bas-Canada par les troupes américaines se révèle un fiasco embarrassant. Déshonoré, le général Dearborn ne demande quà quitter ses fonctions de commandant en chef des forces américaines. Il écrit au président Madison : " Je pourrai avec une égale satisfaction utiliser mes modestes talents à servir mon pays ou, si on me le permet, nêtre plus quun simple observateur intéressé des événements. " Le printemps venu, le son vu est exaucé par le président Madison. |