Guerre de 1812Events and Locationsenglish

La campagne du Niagara de 1814 : la bataille de Lundy's Lane

"Dans la vie d'un soldat, il y a des moments horribles"
John Le Couteur, lieutenant britannique

 

Lectures supplémentaires :

La bataille de Lundy's Lane

Les américain à Lundy's Lane

Les britanniques à Lundy's Lane

Deux témoinages de la bataille

William Dunlop s’occupe des blessés

William Dunlop s'est remémoré un événement tragique

Les lendemains de la bataille de Lundy's Lane

Prélude à la bataille de Lundy's Lane

" La guerre était un phénomène nouveau pour les Américains… mais croyez-moi, ils apprirent en la faisant et, avant que la paix ne fût conclue, ils devinrent des ennemis redoutables. "

Le sergent britannique James Commins

Avant l’été de 1814, une opinion semblable eût été inimaginable de la part d’un officier britannique digne de ce nom. Mais, si la bataille de Chippewa constitua un point tournant, l’affrontement imminent de Lundy’s Lane en fut la confirmation.

À Chippewa, combinant ténacité et discipline militaire, mille trois cents soldats américains battirent une armée britannique largement supérieure en effectifs. C’est là que fut la véritable victoire. Stratégiquement parlant, les gains américains furent minimes. On compta dans leurs rangs trois cent vingt-cinq hommes tués, blessés ou disparus, et l’armée ennemie put battre en retraite sans pertes importantes. Toutefois, l’état d’esprit des Américains se vit transformé par cette victoire. Après avoir reconstruit un pont sur la Chippewa et être passé par le camp abandonné des Britanniques sur la route de Queenston, ils eurent la conviction que leur objectif, qui était de s’emparer de toute la péninsule, pouvait devenir réalité.

L’armée britannique avait reculé jusqu’à fort George. Le moral des troupes était au plus bas. Plus de cinq cents soldats avaient été tués ou blessés, dont de jeunes officiers parmi les plus talentueux, et leurs alliés autochtones s’étaient retirés du conflit. Phineas Riall, qui avait sous-estimé le nombre et la compétence de ses adversaires, n’avait pas demandé de renforts. Sachant que rien ne devait être négligé, Riall se préparait en vue du prochain affrontement. Les miliciens étaient préparés pour le combat et l’on avait demandé des renforts à Burlington Heights. Le général de division Drummond avait quitté York et venait prendre le commandement.

Pendant ce temps, Jacob Brown envoyait son armée à Queenston, dans l’espoir d’un rendez-vous avec la flotte de Chauncey, qui devait amener les hommes et les munitions nécessaires pour tenir les Britanniques en respect. Brown attendait, mais Chauncey était introuvable. Sans armes lourdes, impossible d’assiéger fort George. Finalement, le 13 juillet, brûlant d’impatience, Brown écrit à Chauncey à Sackett’s Harbour :

" J’attends votre flotte avec la plus grande impatience depuis le 10… Pour l’amour de Dieu, arrivez… ou, tout au moins, ayez l’amabilité de me faire savoir ce que je peux espérer de la flotte du lac Ontario. "

Mais, indécis et souvent malade, Chauncey agit toujours dans son propre intérêt. Encore une fois, il décide qu’il est temps de vaincre la marine britannique sur le lac Ontario, mais il hésite toujours à mettre son projet à exécution. Quoi qu'il en soit, il n’acceptera jamais que sa nouvelle flotte soit utilisée pour le simple transport de troupes. Le 23 juillet, Brown reçoit enfin une réponse du commodore : Chauncey lui refuse son aide.

Brown n’a pas d’autre choix que de changer ses plans. Apprenant que les Britanniques renforcent fort Niagara et pourraient menacer ses arrières en descendant la rivière, il ramène ses hommes à Chippewa, le 24 juillet. Une fois là, il réorganise son armée pour traverser la péninsule, s’emparer de Burlington Heights, et de couper ainsi la retraite aux Britanniques le long de la rive. Mais Brown n’a pas prévu l’impatience de Gordon Drummond à chasser les Américains hors du Canada, et il ignore qu’une puissante armée britannique a déjà été dépêchée pour l’affronter.