La campagne du Niagara de 1814 : la bataille de Lundy's Lane
"Nous n'étions pas à la parade, nous ne prenions pas part à une mise en scène. Il s'agissait d'une réalité unique et sublime : C'ÉTAIT LA GUERRE."
Lectures supplémentaires :
Prélude à la bataille de Lundy's Lane Les britanniques à Lundy's Lane Deux témoinages de la bataille William Dunlop soccupe des blessés William Dunlop s'est remémoré un événement tragique |
La bataille de Lundy's LaneAu début de la soirée du 25 juillet, on informe le général de division Jacob Brown que les Britanniques sont en marche. La rumeur veut que l'avance ennemie doive se faire sur deux fronts. Une partie des troupes cantonnées à Queenston marcherait vers Brown, alors qu'une autre partie traverserait la rivière Niagara avec l'intention de prendre le dépôt d'approvisionnement américain du fort Schlosser avant d'attaquer les américains à revers. Sans être certain de la véracité de ces rapports, Brown envoie une brigade, commandée par l'enthousiaste Winfield Scott, harceler l'ennemi près de Queenston et se faire une idée de sa force. La brigade de Scott ne parcourt que trois milles (4,8 km) avant de comprendre à quel point les rumeurs étaient inexactes : elle tombe en plein sur l'armée de Phineas Riall. Les britanniques sont en position près d'une petite église sur une colline non loin de Lundy's Lane. Ils observent les Américains de leur perchoir, sur lequel ils ont mis en batterie un nombre impressionnant de canons. Les autres hommes de Riall sont disposés en lignes sur les deux flancs de l'élévation, formant un croissant entre les pointes duquel les hommes de Scott font leur entrée en scène. Ils entendent les clairons britanniques indiquant la mise en position de l'avant-garde des 800 hommes du général de division Gordon Drummond. Scott sait qu'il n'y a pas que la vie de ses hommes en jeu, il y a aussi la réputation de sa brigade. Un commandant prudent choisirait probablement de se replier. Scott prend rapidement sa décision et une dépêche est envoyée à Brown : le général de brigade Scott va engager le combat, envoyez des renforts. L'intrépidité de Scott va donner lieu à la bataille la plus sanglante que la guerre ait connue jusqu'à ce moment. Du haut de la colline, l'artillerie pilonne la brigade américaine et celle-ci n'a que ses mousquets pour répliquer. Bon nombre des commandants de bataillons sont très vite tués ou blessés. Brown arrive sur le champ de bataille mais, ne réalisant pas la force de l'armée ennemie, il tarde à lancer ses hommes dans une action massive et n'envoie que la brigade commandée par Eleazar Ripley en renfort de la brigade affaiblie de Scott. Les deux hommes concluent rapidement que, pour dominer la bataille, ils doivent prendre les canons. On demande à James Miller, un jeune colonel sous les ordres de Ripley, de mener un assaut frontal sur les positions d'artillerie. La simplicité de sa réponse lui méritera une place dans l'histoire américaine : "Je vais essayer, mon général." Mais un adversaire commun va maintenant s'avancer sur les deux armées. Dans la nuit qui s'épaissit il va devenir difficile de distinguer les amis des ennemis et les impairs se feront nombreux : le général Phineas Riall va se livrer, par mégarde, aux mains des Américains; des réguliers britanniques sur la colline feront feu sur des alliés, les Glengarry Fencibles; des soldats, errant à l'aveuglette loin de leurs rangs, vont frapper des camarades ou les passer à la baïonnette. Seules les décharges de canons et de mousquets jettent quelques éclairs dans le noir et la fumée, mais cette lumière est suffisante pour que les hommes de Miller entrevoient les monceaux de tués qui s'empilent sur la pente. La base de la colline est dans l'obscurité, et les artilleurs n'aperçoivent les hommes de Miller qu'au moment où ceux-ci déchargent leurs mousquets sur eux. Après un féroce corps à corps, les britanniques sont délogés de leur position et toute l'armée de Brown va maintenant se battre furieusement pour tenir les canons qu'elle vient de prendre.
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