Guerre de 1812Events and Locationsenglish

La campagne du Niagara de 1814 : la bataille de Lundy's Lane

 

Lectures supplémentaires :

Prélude à la bataille de Lundy's Lane

Les américain à Lundy's Lane

Les britanniques à Lundy's Lane

Deux témoinages de la bataille

William Dunlop s’occupe des blessés

William Dunlop s'est remémoré un événement tragique

Les lendemains de la bataille de Lundy's Lane

La bataille de Lundy's Lane

Durant deux heures, la bataille pour les canons fera rage autour du sommet. Les armées se battent avec ce qu'un Américain a appelé : "une fureur frisant la démence." Malgré une blessure au cou, Drummond reste à la tête de ses hommes et les exhorte à tenir sur la pente. Même les vétérans britanniques de la guerre en Europe sont déconcertés par la férocité des combats. Dans une série d'assauts sur les canons, les Britanniques parviendront souvent à moins de vingt mètres des Américains. À quelques occasions, les ennemis sont si rapprochés que leurs baïonnettes s'entrecroisent avant que leurs mousquets ne fassent feu. De ces paroxysmes d'horreur, de nombreux soldats garderont une image, révélée par l'éclair du mousquet, dans laquelle les dents serrées de l'ennemi forment une sorte de sourire macabre dans son visage noirci.

Les deux armées ont du mal à maintenir l'ordre dans leurs rangs. Les canonnades ont tué de nombreux officiers supérieurs, et d'autres sont introuvables dans l'obscurité. Les Britanniques ne parviennent pas à déloger les Américains de la colline. Après chaque tentative, repoussée dans un vacarme assourdissant des mousquets et des canons, un calme insolite s'installe pendant que les assaillants se replient pour se regrouper. Seuls les plaintes des blessés et le bruit des chutes rompent le silence, les deux sons ayant leur effet sur les hommes.

Après des heures d'intenses combats, il ne reste plus d'eau potable sur le champ de bataille et certains hommes sont à demi morts de soif. Ses soldats déshydratés et épuisés, ses réserves d'hommes et de munitions s'épuisant rapidement, le général américain Jacob Brown, lui-même blessé, se rend finalement à l'évidence : l'idée de tenir la colline est futile. Les Américains se replient lentement sur Chippawa, espérant que, le matin venu, un regain d'énergie leur permettra de tenter un nouvel assaut.

Les Britanniques, à nouveau en possession de la colline, traînent des dizaines de carcasses de chevaux pour s'en faire un rempart de fortune derrière lequel ils attendront une contre-attaque. Mais elle ne viendra pas. Les deux armées sont tellement déshydratées et épuisées que même la levée du jour ne pourra leur donner l'énergie de continuer à se battre. Toute la nuit, les cris de ceux qui implorent à boire ou supplient qu'on mette fin à leurs souffrances retentissent sur les lieux de la bataille. Le matin révèle l'ampleur de la dévastation dans ce qui était auparavant un tranquille paysage de champs et de vergers. Les deux camps ont chacun perdu plus de 800 hommes; tués, blessés ou disparus. Une autre découverte attend les survivants : trop fatigués pour les emporter, les Américains ont abandonné tous les canons, sauf un, pour la possession desquels tant d'hommes ont perdu la vie.

 

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