War of 1812people

 

La campagne du Niagara de 1814 : la bataille de Lundy's Lane

"Dans la vie d'un soldat, il y a des moments horribles"
John Le Couteur, lieutenant britannique

 

Lectures supplémentaires :

Prélude à la bataille de Lundy's Lane

La bataille de Lundy's Lane

Les américain à Lundy's Lane

Les britanniques à Lundy's Lane

Deux témoinages de la bataille

William Dunlop s’occupe des blessés

William Dunlop s'est remémoré un événement tragique

 

Les lendemains de la bataille de Lundy's Lane

À Chippewa, à peine quelques heures après la bataille, Eleazar Ripley fut durement réprimandé par Jacob Brown pour avoir abandonné les canons capturés. Brown semblait avoir oublié qu’il avait lui-même ordonné à Ripley de se retirer, bien que celui-ci voulût maintenir la position qu’il occupait. Ripley exposa non sans raison que, n’ayant pu trouver de chevaux, ses hommes étaient tout simplement trop épuisés pour tirer les lourds canons jusqu’à Chippewa; mais cette explication ne trouva pas grâce aux yeux de Brown qui lui ordonna de repartir au matin et de récupérer les canons. Au petit matin, Ripley se mit en marche à la tête d’un bataillon de mille deux cents hommes pour découvrir que les troupes britanniques, en nombre supérieur, avaient avancé d’un kilomètre et demi et étaient déjà disposées en ordre de bataille. Ripley et les officiers qui l’accompagnaient pensèrent qu’il serait insensé d’engager le combat. De son côté, incapable d’évaluer l’importance des forces américaines, Gordon Drummond n’osa pas lancer ses troupes à l’attaque.

Plus tard, Drummond affirma que la bataille de Lundy’s Lane avait constitué une grande victoire sur un ennemi supérieur en nombre, ce qui n’était manifestement pas le cas. Cette affirmation se justifiait uniquement par le fait que les Américains s’étaient retirés, avant lui, du champ de bataille, ce qui signifiait qu’il lui incombait de nettoyer celui-ci. Pendant toute la matinée, les réguliers britanniques et les miliciens eurent la tâche ingrate de séparer les morts des mourants. Ils accomplirent cette besogne aussi rapidement qu’ils le purent à cause du risque d’épidémie, aggravé par la chaleur de juillet. Tandis que les cadavres des Américains étaient brûlés sur un immense bûcher, on creusa une fosse commune pour les Britanniques afin de leur assurer un semblant de funérailles chrétiennes.

À Chippewa, les Américains faisaient leurs propres feux. Ils brûlèrent les anciennes fortifications de Riall, au nord de la rivière, ainsi que le pont de Chippewa. Puis, ils se dirigèrent lentement vers le sud en direction du fort Érié. On dut jeter des provisions et des rations à la rivière afin de libérer des chariots pour le transport des nombreux blessés. La situation était exactement celle que Ripley avait redoutée : l’armée américaine n’avait réalisé aucun gain sur la péninsule et, à peine trois semaines après le début des opérations, les troupes avaient déjà perdu plus du tiers de leurs effectifs.

Les Britanniques finirent par se lancer à la poursuite des Américains et ils les trouvèrent retranchés au fort Érié. Les troupes américaines avaient consolidé le fort et retrouvé leur esprit combatif. Pendant sept semaines, les bataillons de Gordon Drummond tentèrent sans succès de les déloger du fort. Des deux côtés, on organisa des attaques au cours desquelles on perdit encore d’autres hommes. Finalement, Drummond et ses troupes se retirèrent et les Américains, dont le nombre, à l’instar des provisions, allait diminuant, en profitèrent pour se retirer jusqu’à Black Rock. Les infortunés habitants de la péninsule du Niagara ne le savaient pas encore, mais ce départ annonçait la fin de la guerre dans leur région dévastée.