La campagne du Niagara de 1814 : la bataille de Lundy's Lane
"Les pauvres, ils ne pouvaient prévoir l'épouvantable carnage auquel ils ont eu l'horreur d'assister."
Lectures supplémentaires :
Prélude à la bataille de Lundy's Lane Les britanniques à Lundy's Lane Deux témoinages de la bataille William Dunlop soccupe des blessés William Dunlop s'est remémoré un événement tragique Les lendemains de la bataille de Lundy's Lane
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Les américain à Lundy's LaneL'estafette de Winfield Scott rapporte à Jacob Brown que la bataille est "serrée et furieuse", mais Brown est loin de saisir toute la vérité. Scott sait qu'une attaque frontale contre des positions britanniques bien établies serait suicidaire, mais il ne veut pas battre en retraite. Tout ce qu'il peut faire, c'est de commander à ses hommes de tenir sous le feu nourri des batteries britanniques. L'observant d'une ligne britannique, le chef iroquois John Norton s'est fait la réflexion suivante : "...il s'est fermement maintenu dans sa position, exposé à un feu meurtrier sur le front et le flanc. L'appréhension semblait l'empêcher d'avancer, et l'orgueil, l'empêcher de reculer." Scott ne peut faire beaucoup plus que d'attendre les renforts en espérant que son attitude laissera supposer l'arrivée imminente du reste de l'armée américaine. Dans un geste bien inspiré, il envoie le 25ième régiment, commandé par le major Thomas Jessup, dans les bois pour évaluer le flanc gauche britannique. Passant loin de la principale ligne ennemie, ces américains sont pris pour des réguliers britanniques et laissés à eux-mêmes jusqu'à ce qu'ils réussissent à capturer le général de division Phineas Riall, qui est blessé, et tout son état-major. Le retour du 25ième avec ses prisonniers, et l'arrivée au même moment des renforts de Brown apportent quelque répit aux hommes de Scott. Les Américains voient bien que les Britanniques, n'ayant rien à gagner d'un déplacement de leurs lignes bien établies et défendues par des batteries installées au sommet, sont tout à fait disposés à attendre tranquillement une attaque frontale. L'évaluation que fait Jacob Brown lui fait tout de suite comprendre qu'il faut prendre, et tenir, le sommet. Après une concertation rapide des officiers, on arrête un plan qui implique les troupes fraîches de Eleazar Ripley et le jeune commandant du 21ième régiment, le colonel James Miller. Le régiment de Ripley relève, aux premières lignes, les hommes de Scott, harassés par la canonnade, et se prépare à un assaut frontal par le flanc sud de la colline. Alexander McMullen, un simple milicien, se rappelle sa marche vers le front au cours de laquelle il enjambait "... les morts et les mourants littéralement entassés." Les artilleurs ne peuvent maintenant que deviner la position des hommes de Ripley, car la nuit est tombée et seule une partie du sommet de la colline est éclairée par la lune.
Miller, à la tête d'un petit groupe, a contourné la gauche britannique et attend que les hommes de Ripley se lancent à l'assaut. Subrepticement, il s'approche jusqu'à portée de mousquet et regarde les Britanniques tomber dans le piège et consacrer toute leur attention à repousser l'assaut frontal. L'ordre de fixer les baïonnettes et de mettre en joue est chuchoté d'homme à homme. Un instant plus tard, le groupe de Miller ouvre le feu sur des artilleurs qui ne s'y attendaient pas. Nombre d'entre eux sont tués par la première salve et, en quelques secondes, les Américains achèvent les autres à la baïonnette. Des fantassins britanniques se précipitent pour déloger les attaquants, mais une nouvelle salve meurtrière les culbute vers le bas de la colline.
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