Guerre de 1812Events and Locationsenglish

La campagne du Niagara de 1814 : la bataille de Lundy's Lane

"Dans la vie d'un soldat, il y a des moments horribles"
John Le Couteur, lieutenant britannique

 

Lectures supplémentaires :

Prélude à la bataille de Lundy's Lane

La bataille de Lundy's Lane

Les américain à Lundy's Lane

Deux témoinages de la bataille

William Dunlop s’occupe des blessés

William Dunlop s'est remémoré un événement tragique

Les lendemains de la bataille de Lundy's Lane

 

 

Les britanniques à Lundy's Lane

Sous les dernières lueurs du jour, les renforts américains de Jacob Brown entrent dans la mêlée, et la bataille s'intensifie. Il devient vite évident que cet engagement nécessite des troupes aguerries. On ordonne donc aux milices canadiennes de remettre leurs munitions aux réguliers et de se replier à l'arrière. Toute la nuit, les miliciens seront très occupés à transporter des centaines de blessés vers les hôpitaux de campagne, établis dans les maisons de fermes des environs. Drummond espère que le colonel Hercules Scott a bien reçu son ordre de quitter Twelve Mile Creek et de marcher, avec ses 1 600 hommes, vers la rivière Niagara.

Sous le couvert de l'obscurité, les Américains lancent un assaut direct sur les positions d'artillerie de Drummond, établies sur la colline. Le combat devient un féroce corps à corps et les défenseurs des pièces doivent se proter vers l’avant pour contrer la progression de l’ennemi. Au moment même où le commandant de l'artillerie britannique, Maclachlane, fait feu sur la première vague américaine, une pluie de balles fauche les hommes qui l'entourent. Quelques secondes plus tard, des Américains surgissent de l'obscurité à la gauche des Britanniques. Le général Drummond a perdu sa position et ses canons.

Pendant que Drummond parcourt le champ de bataille, cherchant à organiser une contre-attaque, une balle le frappe à la joue puis va se loger à la base de son cou. Mais le général, tout aussi déterminé que Brown, son adversaire, panse sa blessure avec un mouchoir et continue à diriger la bataille. Hercules Scott arrive enfin, mais à cause de l'obscurité et de la confusion croissante qui prévaut, il n'est pas informé de la nouvelle situation. Son bataillon marche jusque sur la pente, où l'accueille le feu meurtrier des Américains.

Durant deux heures, les Britanniques tentent de reprendre leurs canons en lançant des assauts directs sur le sommet. Chaque tentative est plus difficile à organiser que la précédente : le nombre d'hommes valides diminue pendant que croît le nombre de cadavres autour de la position. Drummond est à l'avant des troupes et les rallie, quand son cheval est, pour la seconde fois de l'engagement, abattu sous lui. La deuxième fois où les Britanniques réussissent à monter jusqu'aux positions américaines, ils parviennent à abattre les servants des pièces avant d'être refoulés. Brown n'a plus d'artilleurs expérimentés pour les remplacer et ses munitions s'épuisent rapidement.

Réunissant presque tous ses hommes valides, Drummond organise un troisième assaut, un assaut désespéré. Une autre fois, ses hommes parviennent jusqu'aux Américains et le corps à corps s'engage à coups de baïonnettes, d'épées et de crosses de mousquets. Un régulier britannique a dit de ce combat qu'il était  : "d'une opiniâtreté indescriptible." Drummond ordonne néanmoins un repli et semble sur le point d'abandonner. Ses hommes reprennent leur souffle, se demandant sans doute s'ils pourront survivre à une nouvelle tentative. À ce moment, on informe Drummond que les Américains semblent abandonner le sommet, et même quitter le champ de bataille. Il attend confirmation de cette nouvelle avant d'ordonner à ses troupes de gravir prudemment la colline.

Du sommet, le général britannique observe la situation. Quelques uns de ses canons sont encore sur la pente, les Américains ont dû emporter les autres. Peut-être sont-ils à les installer à une nouvelle position afin de monter une attaque. Prudent, Drummond ordonne à ses hommes d'ériger un rempart de fortune avec les nombreux cadavres de chevaux qui jonchent le sol. Ils attendent ensuite, leurs mousquets calés sur les carcasses, mais l'armée américaine est bel et bien partie vers Chippewa. Les Britanniques sont seuls au milieu de la dévastation.

continue