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"Dans la vie d'un soldat, il y a des moments horribles"
John Le Couteur, lieutenant britannique
Lectures supplémentaires :
Prélude à la bataille de Lundy's Lane
La bataille de Lundy's Lane
Les américain à Lundy's Lane
Les britanniques à Lundy's Lane
Deux témoinages
de la bataille de Lundy's Lane
William
Dunlop s'est remémoré un événement tragique
Les
lendemains de la bataille de Lundy's Lane
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William Dunlop soccupe
des blessés :
Âgé de
21 ans, William Dunlop était assistant-chirurgien au 89e
British Foot. Ce fut lui qui, après la bataille de Chippewa, soccupa
pratiquement seul de centaines de blessés des deux camps :
Lorsque je demandai où
seraient installés mes blessés, on me montra un bâtiment
de rondins en ruine, que lon appelait la caserne de Butler, car
il avait servi dabri temporaire aux Rangers de Butler, qui lavaient
construit durant la guerre dIndépendance des États-Unis.
On ne pouvait rêver de pire endroit pour un hôpital. Non
que lédifice en question eût été ouvert
aux quatre vents en plein été, au Canada, cela
constitue plutôt un avantage mais parce que lespace
y faisait cruellement défaut et que nous dûmes ainsi installer
plusieurs blessés sur un lit de paille à même le
sol. Ceux-là étaient les plus chanceux, car leurs camarades
étaient installés sur des couchettes superposées,
comme à bord dun navire, où il était impossible
de panser leurs blessures et doù on ne pouvait les retirer
quau prix de douleurs atroces.
Les chariots arrivaient les uns
après les autres et avant que midi ne sonne, je me trouvai en
charge de 220 blessés, parmi lesquels des soldats de mon propre
régiment, des prisonniers ainsi que des miliciens. Je navais
pour massister dans cette tâche que mon sergent dhôpital
qui, fort heureusement pour moi, était un homme dexpérience
au solide bon sens qui se révéla un aide compétent.
Mais la charge était trop lourde pour nous et plus dun
pauvre diable dut subir une amputation que nous aurions pu lui éviter,
si nous avions seulement disposé dun peu de temps pour
nous occuper des blessures. Mais, dans les circonstances, il était
nécessaire de convertir les blessures compliquées en blessures
simples, plutôt que de perdre des vies à cause du manque
de soins.
Je nai jamais ressenti autant
de fatigue quau cours de cette première semaine à
la caserne de Butler. La chaleur était étouffante et des
myriades de mouches déposaient leurs ufs dans les blessures :
au bout dà peine quelques heures, les vers y grouillaient,
causant de terribles démangeaisons. Ainsi, longtemps avant davoir
terminé ma tournée des patients, il métait
nécessaire de la faire à nouveau afin de nettoyer les
plaies. Et comme je navais dautre assistant que mon sergent,
notre labeur était incessant. Pendant deux jours et deux nuits,
je ne pus masseoir. Cependant, au matin du troisième jour,
je mendormis debout, enlacé au montant dune des couchettes.
Ne pouvant me réveiller, on étendit sur le sol une botte
de paille fraîche sur laquelle on me coucha. On menveloppa
dune couverture dhôpital et je dormis comme une pierre
pendant cinq heures sans même me retourner.
Il ny a guère de
situations aussi peu enviables que celle de chirurgien de larmée
après la bataille. Lesprit est tout aussi épuisé
que le corps, et on sait quon ne pourra guérir ni même
soulager la plus grande partie des souffrances et de la misère
dont on est entouré. Tant que durent les combats, tout cela passe
inaperçu, mais dès que livresse de la bataille a
pris fin, le médecin se retrouve devant lhorreur toute
nue.
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