Guerre de 1812Events and Locationsenglish

La campagne du Niagara de 1814 : la bataille de Lundy's Lane

"Dans la vie d'un soldat, il y a des moments horribles"
John Le Couteur, lieutenant britannique

 

Lectures supplémentaires :

Prélude à la bataille de Lundy's Lane

La bataille de Lundy's Lane

Les américain à Lundy's Lane

Les britanniques à Lundy's Lane

Deux témoinages de la bataille de Lundy's Lane

William Dunlop s’occupe des blessés

Les lendemains de la bataille de Lundy's Lane

William Dunlop s'est remémoré un événement tragique :

William Dunlop s'est remémoré un événement tragique qui a eu lieu après la bataille de Lundy's Lane. Il démontre l'impact qu'a souvent eu la guerre sur les civils.

Il serait bon qu'ils voient une telle scène, ces froids politiciens, qui calculent le coût d'une guerre en morts et en blessés tout comme ils calculeraient le coût d'un cheval en livres, ou encore ceux qui, bien assis à la maison, trouvent que l'animation qu'apporte à leur vie la lecture des nouvelles de guerre ou la lueur lointaine d'une explosion valent bien les dépenses occasionnées par un conflit. Qu'il en soient témoins, ne serait-ce que pour une heure, et ils en recevraient une bonne leçon.

Cette vérité toute simple s'est imposée à mon esprit après que j'aie été témoin du chagrin d'une pauvre femme. On m'avait amené deux cent vingt blessés ce matin-là et parmi eux, il y avait un fermier américain qui s'était rendu sur le champ de bataille en tant que milicien, ou encore en tant qu'auxiliaire. Il avait près de soixante ans mais c'était un véritable hercule. Une balle lui avait fait éclater le fémur et une autre lui avait infligé une blessure, de toute évidence mortelle, au tronc. Sa femme, une vieille dame d'apparence respectable, avait traversé les lignes sous la protection d'un drapeau blanc et s'était immédiatement rendue à l'hôpital. Elle y avait trouvé son mari étendu sur une paillasse et se tordant dans les affres d'une horrible agonie.

Stupéfaite de douleur, elle s'assit sur le sol et, la tête de son mari reposant sur elle, resta longtemps à gémir tandis que les larmes coulaient à profusion sur son visage. Mais une plainte de son pauvre mari la tira de sa transe. Alors, elle joignit les mains en regardant autour d'un air affolé et s'exclama : "Oh que le roi et le président soient ici pour voir les souffrances qu'engendrent leurs querelles. Ils répugneraient alors à faire la guerre sans une raison qu'ils pourraient invoquer devant Dieu, au jugement dernier, pour se justifier d'avoir détruit des créatures faites à Son image."

Une demi-heure plus tard, le pauvre homme avait cessé de souffrir.