Guerre de 1812Events and Locationsenglish

La bataille de Moraviantown ou la bataille de la Thames


Lectures supplémentaires :

Résumé de la bataille de Moraviantown

Retraite des indiens de Amherstburg à Moraviantown

Les indiens à Moraviantown

La retraite britannique de Amherstburg à Moraviantown

Les Américains à Moraviantown

 


Shadrach Byfield

Les Britanniques à Moraviantown

Pendant la retraite, Procter perd confiance en ses officiers. Il laisse délibérément dans l’ignorance, Augustus Warburton, son commandant en second. Personne dans le camp britannique ne sait vraiment ce qui se passe. On rapporte que certains officiers font pression sur Warburton pour qu’il relève Procter de son commandement.

Le 4 octobre, le lieutenant-colonel Warburton apprend que Tecumseh se retire à Moraviantown. Il apprend également que Procter est parti dans l’autre direction ; le commandant britannique a, en effet, quitté le village pour rejoindre son armée en aval de la rivière. Warburton décide qu’il ne peut plus attendre Procter et donne l’ordre à ses troupes de marcher sur Moraviantown. Dans la confusion qui s’ensuit, presque tous les approvisionnements britanniques sont interceptés puis saisis par les Américains. Les troupes ne pourront compter que sur les munitions qu’elles transportaient avec elles.

Dans la nuit avant la bataille, Procter commet une autre erreur inexcusable : alors qu’il aurait dû préciser ses plans en vue de la confrontation imminente, il quitte à nouveau son armée pour aller passer la nuit avec sa femme. Lorsqu’il réapparaît, le 5 octobre, ses troupes n’ont rien mangé depuis plus d’un jour. Fatigués, affamés et mal équipés, les Britanniques s’apprêtent à combattre dans une forêt peu dense à environ trois kilomètres de Moraviantown.

La position de Procter n’est pas mauvaise. Son flanc gauche est protégé par la Thames, et à sa droite s’étend un profond marais. Il poste donc un canon sur la route principale qui longe la rivière. Il déploie ensuite ses hommes dans l’ouverture triangulaire entre la Thames et le marais. Tecumseh combattra à partir du marais et tentera d’acculer les Américains à la rivière en les repoussant, telle une porte qui se refermerait. Les Britanniques et les Indiens sont trois fois moins nombreux que les Américains et Procter a quatre cent cinquante soldats de métier tandis que Tecumseh ne compte plus que cinq cents guerriers.

Pour les soldats britanniques, la bataille prend fin très rapidement. Les clairons américains sonnent le début de l’engagement. Moins de cinq minutes plus tard, les Britanniques battent en retraite. L’assaut principal des Américains contre les positions britanniques est effectué au grand galop par la cavalerie américaine. Les cavaliers américains percent immédiatement le front britannique. Le canon de six livres que Procter a placé sur la grande route ne réussit pas à tirer un seul coup. Les chevaux qui tirent le canon sont pris de panique au premier coup tiré par l’ennemi et s’empêtrent dans le sous-bois. La bataille dure cinquante-cinq minutes, mais presque tout ce temps on verra les miliciens du Kentucky aux prises avec les Indiens du côté du marais. Les Indiens livrent un combat féroce et ne se replient que lorsqu’ils apprennent la mort de Tecumseh.

Procter s’enfuit par la grande route dès qu’il constate que sa ligne de défense a été rompue. Un instant, il songe à rejoindre les Indiens, mais les cavaliers américains ont envahi la zone entre la route et le marais. Il ne peut rien faire pour empêcher la déroute. Il part au galop, laissant sa voiture et ses chevaux ainsi que ses documents, qui tomberont aux mains des Américains. Les Britanniques ont perdu une douzaine d’hommes. On rapportera, plus tard, que pas un seul Américain n’a perdu la vie lors de l’assaut contre la ligne de défense britannique.

Procter et le reste de son armée finiront par rejoindre la division du centre, à Burlington, sur le lac Ontario. Depuis le départ de Sandwich, six cents soldats britanniques ont été faits prisonniers. Procter sera, finalement, traduit devant une cour martiale où il sera réprimandé publiquement. Relevé de son commandement, il quittera l’armée dans la disgrâce.