Guerre de 1812Events and Locationsenglish

La bataille de Moraviantown ou la bataille de la Thames

Lectures supplémentaires :

Résumé de la bataille de Moraviantown

Retraite des Indiens de Amherstburg à Moraviantown

Les Indiens à Moraviantown

Les Britanniques à Moraviantown

Les Américains à Moraviantown

 

La retraite britannique de Amherstburg à Moraviantown

Les problèmes du commandant britannique Henry Procter ont commencé, en réalité, presque un mois avant la désastreuse bataille qui allait entraîner sa disgrâce et son renvoi de l’armée. Le périple qui allait le conduire jusqu’en cour martiale débute avec la bataille du lac Érié. Le 9 septembre, Oliver Hazard Perry et la marine américaine remportent une brillante victoire contre l’escadre britannique à Put-in-Bay. Dès lors, les Américains contrôlent les voies navigables et peuvent attaquer Amherstburg par l’arrière. Procter court le danger d’être débordé et d’avoir à repousser des attaques provenant de deux côtés.

Outre les désavantages auxquels doivent faire face les Britanniques, les hommes de Procter sont épuisés, affamés et démoralisés par la victoire navale américaine. Ils sont aussi passablement inquiets face aux Indiens. Au début, Procter avait menti aux tribus, leur disant qu’en réalité, c’était la Royal Navy qui avait remporté la victoire à Put-in-Bay. Mais les Indiens ne sont pas dupes et soupçonnent les Britanniques de se préparer à battre en retraite. Les Indiens sont trois fois plus nombreux que les troupes britanniques. Tecumseh est furieux ; il est même question que ses guerriers se révoltent et massacrent Procter et ses hommes.

Le fort Malden, à Amherstburg, est sans protection, ses canons ayant été retirés pour équiper la Royal Navy. Un tiers des hommes de l’armée de Procter ont été faits prisonniers après la défaite de Put-in-Bay. Sa ligne de ravitaillement du lac Érié a été coupée. L’hiver approche et il n’y a pas assez de provisions pour soutenir l’armée britannique indienne jusqu’au printemps. Procter décide de battre en retraite et d’établir une ligne de résistance sur la rivière Thames, près de Chatham.

Le repli est une entreprise gigantesque. Procter doit d’abord aplanir les relations avec ses alliés indiens et convaincre Tecumseh que la vallée de la Thames est un meilleur site pour affronter l’ennemi. Il lui faut ensuite coordonner la retraite de dix mille hommes, femmes et enfants et s’occuper des approvisionnements militaires et de ses effets personnels. Amherstburg est abandonné le 24 septembre et la retraite générale de Detroit et Sandwich est amorcée quatre jours plus tard.

Procter a pris son temps pour organiser le repli mais ceci s’avère une grave erreur. Quand les Britanniques quittent Sandwich, l’ennemi est déjà en train de transporter des troupes du côté canadien de la rivière Detroit. La retraite se déroule à une allure extrêmement lente. Il pleut sans arrêt et les routes ne sont que des pistes pleines d’ornières boueuses. Les troupes britanniques avancent dans la confusion la plus totale. Les hommes sont trempés et mal vêtus pour un temps d’automne tandis que les cavaliers du Kentucky sont à leurs trousses.

Quelques familles indiennes traînent la patte derrière le corps principal. Ceci entraîne une autre faute désastreuse. Les Britanniques décident de ne pas détruire les ponts, car ils ne veulent pas risquer de s’aliéner les tribus en donnant l’impression qu’ils abandonnent les familles des guerriers. Il n’y a plus rien pour arrêter l’avance de la cavalerie américaine.

Procter a promis à Tecumseh que l’armée britannique indienne fera volte-face et établira sa ligne de résistance à Chatham. Afin d’inspecter le site de la bataille, Procter galope au-devant de son armée. Insatisfait de ce qu’il découvre, il donne l’ordre à ses hommes d’ériger les défenses sur la ferme Dolsen, quelques kilomètres en aval. Mais le commandant britannique n’est pas encore satisfait; il repart, une fois de plus, en amont de la Thames. Il se rend à Moraviantown qui, lui a-t-on dit, est le meilleur site pour confronter les Américains. Sa femme et ses enfants y sont, d’ailleurs, réfugiés.

Lorsque le capitaine William Crowther s’apprête à suivre les ordres et fortifier Dolsen, il apprend que tous les outils pour creuser les tranchées ont été dépêchés en amont de la Thames jusqu’à une clairière appelée Bowles. À l’heure qu’il est, il est impossible pour Crowther de récupérer l’équipement.

C’est le chaos au sein de l’armée britannique indienne. Tecumseh et ses guerriers sont en proie à une violente colère. Ils menacent de tuer le colonel de milice Mathew Elliot, l’agent britannique auprès des Indiens. Ces derniers ont accepté, à contrecœur, de battre en retraite. Procter, quant à lui, leur a promis de se battre à Chatham. Ils ont atteint le site choisi pour la bataille et qu’y trouvent-ils ? Rien. De l’autre côté de la rivière, le gros de l’armée britannique est posté à Dolsen, sans fortification ni mesures défensives. Le général se trouve même encore plus loin à l’arrière, à Moraviantown.

La conduite de la retraite par Procter est un désastre. Il a abandonné ses troupes pendant ses sorties de reconnaissance et a négligé de laisser des instructions claires à ses officiers.