Guerre de 1812Events and Locationsenglish

La bataille de Moraviantown ou la bataille de la Thames


 Nous allons suivre les Britanniques et j’ai le pressentiment que je ne reviendrai jamais. "
Tecumseh

Lectures supplémentaires :

Résumé de la bataille de Moraviantown

Les Indiens à Moraviantown

La retraite britannique de Amherstburg à Moraviantown

Les Britanniques à Moraviantown

Les Américains à Moraviantown

 


Tecumseh

Retraite des Indiens de Amherstburg à Moraviantown

Pour Tecumseh et son alliance indienne, la retraite de Moraviantown est une piste jonchée de déceptions et de trahisons. Au départ, les guerriers ne veulent pas quitter Amherstburg. Tecumseh n’est pas intéressé par la stratégie britannique ; il veut combattre son ennemi suprême, William Henry Harrison. Tecumseh a entendu l’échange de coups de feu de la bataille de Put-in-Bay. Mais Procter le traite comme un imbécile, refusant de lui dire qui a remporté la victoire. Quand le général parle enfin aux Indiens, il leur ment pour leur cacher la défaite britannique.

La colère des Indiens augmente encore plus quand ils voient que les Britanniques se préparent à abandonner fort Malden. Tecumseh est indigné de ne pas avoir été informé des plans de Procter. Il traite Procter de " misérable vieille squaw " et invite ses guerriers à assister à leur rencontre. Au cours de cette confrontation dramatique avec Procter, Tecumseh compare les Britanniques à " un animal bien gras ", qui aime se pavaner mais qui, une fois venu le temps de se battre, " rentre la queue entre les jambes ". Le discours de Tecumseh a un tel effet sur ses guerriers que certains d’entre eux se lèvent d’un bond, prêts à s’attaquer sur-le-champ aux Britanniques. Les guerriers ne comprennent pas le manque de détermination des Britanniques. Les hommes de Tecumseh sont trois fois plus nombreux que leurs alliés et ils menacent de les massacrer si Procter ne reste pas pour combattre les Américains.

Tecumseh est coincé. Déjà, certaines tribus font la paix avec l’armée américaine qui poursuit son avance. Que cela plaise ou non à Tecumseh, Procter a décidé de battre en retraite. Le chef Shawnee n’a pas d’autre choix que de le suivre. Quand Procter promet de résister aux Américains à Chatham, Tecumseh convainc son alliance de se joindre au mouvement de retraite. Mais c’est avec le cœur lourd que le chef shawnee prend la décision. " Nous allons suivre les Britanniques, déclare-t-il, et j’ai le pressentiment que je ne reviendrai jamais. " La seule consolation c’est que Procter a dit qu’il allait établir une solide position de défense aux confluents de la rivière Thames.

Une fois la retraite amorcée, cependant, Tecumseh commence à avoir des doutes. Selon un compte rendu, Tecumseh avait été invité à souper chez le commerçant de fourrure et officier de milice, Jacques Baby, dans sa maison de Sandwich. Pendant le repas, un messager était venu annoncer que les Américains étaient tout près d'Amherstburg, et qu’ils se dirigeaient vers le Nord en remontant la rivière Detroit. Tecumseh saisit ses pistolets et s’adressa à Procter :

" Père, il nous faut aller à la rencontre de l’ennemi et l’empêcher de venir ici… Nous ne devons pas battre en retraite, car si tu nous fais quitter ce poste, tu nous emmèneras très, très loin… et puis tu nous diras adieu pour toujours et tu nous laisseras à la merci des Longs Couteaux. "

Lorsque les Indiens arrivent enfin à Chatham, le 3 octobre, leurs soupçons à l’endroit des Britanniques se confirment : Procter les a trahis. Le général avait promis d’ériger des ouvrages défensifs aux confluents de la rivière, mais il n’y a rien sur le site. Tout ce que les Indiens y trouvent, c’est une cache d’armes et quelques fusils démantelés. C’est la goutte qui fait déborder le vase. Les guerriers sont fous de rage et insultent les Britanniques en termes on ne peut plus clairs. Ils menacent de tuer Procter et l’agent britannique des Affaires indiennes, Mathew Elliott.

En ce qui concerne les Indiens, ce ne sont que les menaces de Tecumseh qui ont réussi à convaincre Procter d’offrir une résistance. Ils viennent d’arriver au site désigné pour la bataille et personne ne sait où est le général. Pire encore, l’armée commandée par le lieutenant-colonel Warburton est de l’autre côté de la rivière, sur la rive nord de la Thames. Les Américains avancent sur la rive sud, mais Warburton dit à Tecumseh qu’il n’a pas assez de bateaux pour faire traverser ses hommes.

Convaincus que les Britanniques les ont abandonnés, les Indiens, commandés par le chef Wyandot (marche dans l’eau), dont l’influence est grande, commencent à déserter. Tecumseh avait dû recourir à son habileté politique considérable pour convaincre ses guerriers de battre en retraite. Maintenant, face à la promesse rompue de Procter, l’alliance indienne commence à se désintégrer. Quelque mille deux cents guerriers de Tecumseh l’avaient suivi jusqu’à Chatham. Deux jours plus tard, seulement cinq cents d’entre eux étaient restés combattre à Moraviantown.