Guerre de 1812Events and Locationsenglish

La bataille de Moraviantown ou la bataille de la Thames


Les Indiens " ont courageusement poursuivi le combat sous le commandement de leur brave chef Tecumseh ".
Le Général de division Edward Baynes

Lectures supplémentaires :

Résumé de la bataille de Moraviantown

Retraite des indiens de Amherstburg à Moraviantown

La retraite britannique de Amherstburg à Moraviantown

Les britanniques à Moraviantown

Les américains à Moraviantown

 

Les Indiens à Moraviantown

Le 4 octobre, quelques guerriers de Tecumseh tentent de ralentir l’avance des troupes américaines aux confluents de la rivière Thames. Les Indiens démolissent la partie supérieure du pont qui enjambe McGregor’s Creek et se cachent dans les arbres sur la rive nord du ruisseau. Lorsque l’armée de Harrison arrive aux décombres du pont, les Indiens ouvrent le feu. L’escarmouche dure deux heures. Les guerriers tuent trois Américains et en blessent six autres, mais, en fin de compte, ils ne peuvent pas faire grand-chose pour arrêter les trois mille hommes de l’armée américaine. Tecumseh bat en retraite en amont de la rivière.

Le lendemain, ce dont il reste de la confédération indienne rejoint l’armée britannique sur la rive nord de la Thames, près de Moraviantown. Procter a finalement décidé d’affronter les Américains. Les guerriers n’aiment pas se battre à découvert et prennent position dans un marais sur le côté droit des lignes britanniques. Ils vont tenter de faire tourner le flanc américain et de l’acculer à la rivière.

Les guerriers entendent la sonnerie du clairon annoncer la charge de la cavalerie américaine contre les lignes britanniques. Quelques minutes plus tard, les Américains lancent leur attaque contre les Indiens aussi. Le peloton de " l’espoir désespéré " du colonel Richard Johnson mène une charge de cavalerie dans le marais. Les guerriers résistent furieusement à l’attaque américaine et tuent ou blessent les vingt hommes de Johnson. Tel que l’avait prédit Tecumseh, la boue et les sous-bois du marais forcent les cavaliers à descendre de leurs montures. Encouragés par les cris de guerre de Tecumseh, les Indiens se battent contre les soldats américains dans de violents corps à corps.

Néanmoins, les Américains ne sont pas tenus en échec très longtemps. Les guerriers ne se sont pas rendu compte qu’ils ont été abandonnés par leurs alliés britanniques. Les troupes de Procter ont offert peu de résistance à la charge américaine. Les Indiens ont à peine commencé à se battre que, déjà, la ligne britannique est rompue. S’enfuyant à toutes jambes, les Tuniques rouges se sont dispersées dans la forêt. Ceci permet aux Américains d’effectuer un virage sur la gauche et de concentrer leurs efforts dans le marais.

L’armée des Indiens est largement surpassée en nombre. Tecumseh est, peut-être, le seul chef capable de convaincre les guerriers de continuer à se battre dans une telle situation. Mais les cris de guerre caractéristiques du chef Shawnee ne se font plus entendre dans le tumulte de la bataille. Ses ennemis de toujours, les frontaliers du Kentucky, l’ont abattu. La nouvelle de la mort de Tecumseh et de la retraite des Britanniques ébranle profondément les Indiens. Plus tard, un soldat américain dira qu’ils " lancèrent les hurlements les plus assourdissants que je n’ai jamais entendu sortir d’un être humain et cela mit fin à la bataille. " Les Indiens disparaissent dans la forêt. Au total, six chefs et neuf guerriers ont été tués, dont Wahsikegaboe (l’homme solide), l’époux de la sœur de Tecumseh, Tecumapeace.

L’armée de Tecumseh, autrefois si fière, a été détruite. Après la bataille, à peine trois cents guerriers retourneront jusqu’à la tête du lac Ontario que les Britanniques contrôlent toujours. Les deux mille femmes et enfants qui ont suivi la retraite seront réduits à mendier de la nourriture dans le village de Burlington. De l’autre côté de la rivière Detroit, les chefs de six tribus signent un traité de paix avec Harrison. Ils laissent leurs familles en otage. On pourra voir des femmes et des enfants indiens fouiller dans les ordures pour trouver des restes de nourriture et manger des abats rejetés par les abattoirs.

La mort de Tecumseh constitue une tragédie énorme pour les Autochtones. L’alliance des tribus que Tecumseh avait mis tant d’efforts à créer disparaît avec son chef. Le destin des Premières Nations du Nord-Ouest est scellé ; leur mode de vie est condamné à être oblitéré par l’inexorable envahissement des colons blancs.