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Carte de la frontière Niagara
Lectures supplémentaires :
Les Iroquois en 1814
La conquête du Fort Erié par les Américains
La bataille de Chippawa
La bataille de Lundy's Lane
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Le chemin vers Lundys Lane : introduction à la campagne du Niagara
Au printemps 1814, les Américains navaient toujours pas réussi à diviser le Canada en semparant de Kingston ou de Montréal. On était sur le point dentreprendre des négociations pour mettre fin à la guerre; Les Américains se devaient donc de conquérir une partie du territoire britannique, afin davoir un certain pouvoir lors de ces négociations. Que les Britanniques aient remporté la guerre contre Napoléon en avril 1814, rendait la chose encore plus pressante. En effet, des troupes bien aguerries sapprêtaient à venir en renfort soutenir le Canada. La marine britannique, qui continuait ses raids sur la côte est américaine, compliquait aussi les efforts des Américains.
LAméricain John Armstrong, ministre de la guerre, était critiqué de toutes parts, de ses propres officiers jusquau Président Madison. Il était réputé pour simmiscer dans le commandement sur le champ de bataille et pour être imprécis dans ses consignes. Ne sachant plus quelle stratégie adopter, Armstrong envoya des troupes de renfort à Black Rock, près de Buffalo, où elles pourraient tout au moins bénéficier dun entraînement de premier ordre sous le commandement du général de brigade Winfield Scott. Armstrong étant toujours aussi vague dans ses commandements, le général de brigade Jacob Brown cru comprendre quil devait tenter une nouvelle attaque sur la péninsule du Niagara. Il sagirait du troisième essai au cours du même été, pour conquérir la péninsule.
Nouvellement promu, Brown, avide de sauter dans le feu de laction, prépara son plan dattaque. Il décida de prendre Kingston, afin de priver les forces canadiennes en approvisionnement. Brown était persuadé que ses troupes, entraînées depuis quelques mois par Winfield Scott, pourraient semparer du Fort Erié. Par la suite, elles iraient à la rencontre de la flotte dIsaac Chauncey, sur le lac Ontario, et sattaqueraient à la forteresse britannique de Fort George. Après ces conquêtes, Brown estimait que ses forces, alliées à celles de Chauncey, pourraient savancer dans la péninsule et semparer de Burlington Heights, York, et finalement Kingston.
Pendant ce temps, à Kingston, le général de division Gordon Drummond, commandant des forces du Haut-Canada, avait, lui aussi, ses problèmes. Il ne bénéficiait que de 5 000 troupes disséminées entre Fort Erié et York, et suppliait George Prevost de lui envoyer des renforts. Prevost lui répondit quil devait patienter jusquau milieu de lété, lorsque les renforts britanniques arriveraient en provenance dEurope. Drummond craignait quils narrivent trop tard. Ses troupes, sous le commandement de Phineas Riall, avaient pris possession du fort américain à Niagara, mais ses hommes étant mal ravitaillés, Riall craignait quils ne puissent tenir très longtemps.
De fait, il y avait pénuries dans les deux camps; Les Britanniques manquaient dhommes et darmes, tandis que les Américains étaient en pénurie déquipement dartillerie et de tissu bleu servant à la confection de costumes militaires (les hommes de Winfield Scott devaient se contenter du tissu gris utilisé par la milice). Mais le manque le plus criant était celui de la nourriture. Dailleurs, la disette affectait toute la région du Niagara, y compris ses habitants.
Pendant les deux années que dura la guerre, la péninsule du Niagara aura beaucoup souffert. Les fermiers supportaient mal les incessants pillages de leurs récoltes et de leur bétail par les deux armées. Les champs et vergers furent tellement ravagés quils ne produisaient plus assez pour subvenir aux besoins de leurs propriétaires; Alors que dire de ceux de larmée. Les difficultés dapprovisionnement rendirent encore plus précaire la délicate alliance entre les Britanniques et les Premières Nations. Ironiquement, la majeure partie des denrées alimentaires provenait des fermiers de Nouvelle-Angleterre qui vendaient leurs récoltes aux plus offrants.
Lopinion des habitants de la péninsule du Niagara, changea beaucoup au fur et à mesure que la guerre avançait. Le sentiment dimpuissance fit place à la haine, alors que se poursuivait la mise à feu et à sac des habitations et des villages, comme ce fut le cas à Newark. Les habitants, révoltés par le barbarisme de lenvahisseur se regroupèrent en cellules pour harceler les Américains lorsquils envahirent à nouveau le Canada, en juillet 1814. Qui aurait cru alors, quen moins de deux mois, les Américains se replieraient dans leurs terres et que la guerre au Niagara tirait à sa fin. Toutefois, les batailles les plus meurtrières de cette guerre restaient encore à venir.
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