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La bataille de la Nouvelle-Orléans


"Affair Below New Orleans"

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La défense de la Nouvelle-Orléans

Les Britanniques arrivent à Nouvelle-Orléans

La veille de la bataille

Massacre à Nouvelle-Orléans

Témoignages de la bataille de la Nouvelle-Orléans

Observations et remarques suite à la bataille de la Nouvelle-Orléans

 

L’attaque de la Plantation Villere

Dans les champs marécageux de la plantation Villere, des centaines de soldats britanniques fourbus se blottissent autour des feux de camp pour essayer de se réchauffer. Les deux derniers jours ont été des plus épuisants pour l’avant-garde commandée par le général de division John Keane et le colonel William Thornton. Partis de leur campement sur Pea Island, il leur a fallu ramer une bonne cinquantaine de kilomètres en remontant les eaux stagnantes du bayou Bienvenu, transportant des tonnes d’équipement et de canons. Après de nombreux relais, ils ont dû traîner le matériel sur une distance de près de 4 km à travers des marécages presque impraticables et de denses forêts de cyprès, jusqu’à leur nouveau camp.

À la gauche des Britanniques, le Mississippi sommeille, recouvert de l’épais brouillard du soir. Tellement épais, en fait, que les patrouilles britanniques n’aperçoivent la goélette américaine Carolina que trop tard. Déjà, les salves de canons s’abattent sur le camp. Totalement pris par surprise, Keane et Thornton réussissent néanmoins à rassembler les hommes dans un semblant d’ordre de bataille. Débarquant de la goélette, les hommes de Jackson prennent la rive d’assaut et s’élancent vers le campement.

Pendant près d’une heure, les soldats de l’armée britannique se battent férocement contre la brigade improvisée de Jackson, formée de réguliers, de miliciens et de quelques douzaines de guerriers choctaws. Les deux côtés sont à peu près égaux en nombre, comptant quelque deux mille hommes chacun. Mais Jackson se rend compte que ses miliciens ne pourront pas tenir longtemps devant les soldats britanniques expérimentés. Sentant leur défaillance, il décide de se retirer. Les Britanniques collent à leurs trousses, mais leur élan est bientôt détourné par une nouvelle attaque sur leur flanc gauche.

Se servant de planteurs locaux comme guides, le général John Coffee s’est faufilé dans les bois et a contourné le flanc droit britannique. Ses fusiliers du Tennessee descendent de cheval et s’élancent contre les hommes de Thornton. La ligne est brisée, mais les soldats britanniques aguerris protègent leurs officiers et foncent, par petits groupes, sur les fusiliers. Un combat corps à corps s’ensuit, dans la noirceur, où couteaux, épées, poings, crosses de fusil, sont utilisés pour terrasser l’ennemi. Le capitaine britannique George Gleig dira plus tard : " Plus d’une épée qui, jusqu’à ce soir, n’avait pas goûté au sang est devenue cramoisie en quelques minutes. " Finalement, Thornton réussit à reformer une ligne et à repousser les hommes de Coffee dans la forêt. Ceux-ci quittent les lieux et vont rejoindre les troupes de Jackson.

Les Américains se retirent en laissant quarante-cinq morts et cent soixante-dix blessés dans les rangs britanniques. Les hommes de Jackson ne s’en tirent pas mieux, mais cette attaque a des conséquences qui joueront en faveur des Américains. L’intensité du raid mené par Jackson fait croire à Keane qu’il a été attaqué par une force deux fois plus importante que la sienne. Prenant une décision qui va s’avérer coûteuse pour les Britanniques, Keane, déjà passablement inquiet, décide de ne pas avancer sur la Nouvelle-Orléans tout de suite. Au lieu de cela, il préfère faire débarquer d’autres troupes et d’autres équipements pour renforcer son armée, tout en espérant que les renforts du général Pakenham arrivent bientôt.