Guerre de 1812Events and Locationsenglish

La bataille de Queenston Heights

"Dans les conditions actuelles, il serait imprudent de passer à l’offensive."
Général de division américain Stephen Van Rensellaer

Lectures supplémentaires :

Résumé de la bataille de Queenston Heights

Arrière-plan de la bataille de Queenston Heights

Les Britanniques à Queenston Heights

Brock à Queenston Heights

Les américains à Queenston Heights

Les iroquois à Queenston Heights


 

Arrière-plan de la bataille de Queenston Heights :
les Américains

Sur la rive obscure de la rivière Niagara près de Lewiston, le colonel américain Solomon Van Rensellaer donne l’ordre à la première vague de sa milice d’embarquer dans les navires. Malgré quelques problèmes, Van Rensellaer est confiant de réussir cette attaque aurorale contre les Britanniques. Il commande une partie d’une armée regroupant plus de quatre mille hommes, tandis que l'on s’attend à ce qu’une autre troupe de mille six cents soldats, se trouvant en amont à Buffalo, passe également à l’attaque. Ensemble, les deux armées devraient réussir à diviser les défenses de l’ennemi et se poster du côté canadien du Niagara.

Au cours des semaines précédant cette attaque, le major général Stephen Van Rensellaer ne partageait pas la confiance de son cousin Solomon. Politicien, il est bien conscient que sa nomination au titre de commandant de l’armée du centre n’est pas très bien accueillie par certains officiers réguliers expérimentés, pour ne pas dire ambitieux, comme Winfield Scott et Alexander Smyth. Il semble qu’il ne peut rien faire pour les rallier à son commandement.

Malgré les ordres directs qu’il reçoit de Van Rensellaer, Smyth ne s’engagera pas dans une attaque simultanée depuis sa position à Buffalo. Il ignore également les ordres reçus dans le but d’obtenir un plus grand nombre de navires en vue de l’offensive.

Bien qu’il soit un soldat expérimenté, Solomon Van Rensellaer a connu des problèmes similaires. Ses demandes répétées pour obtenir de meilleurs approvisionnements pour ses troupes demeurent sans réponse. Van Rensellaer pense que sa politique fédéraliste pourrait en être la cause. Il croit que Peter B. Porter, l’implacable faucon républicain, responsable de la distribution des approvisionnements à New York, tente délibérément de l’entraîner vers une défaite personnelle. De telles disputes politiques au niveau du commandement viendront à nouveau hanter les Américains.

Le moral des troupes est bas. Leur campement se trouve à l’extérieur de Lewiston depuis le mois d’août et les hommes n’ont touché aucune solde depuis des mois. Plusieurs d’entre eux ont manqué l’importante période de la récolte. Malgré un entraînement constant, les hommes semblent ne pas avoir la discipline nécessaire pour mener à bien une bataille.

 

"La vue des prisonniers de guerre américains marchant au pas sur la rive opposée de la rivière Niagara ne les rend pas plus confiants. Plus tard dans le mois de septembre, Peter B. Porter écrit : " Il y a trois jours, nous avons été témoins d’une scène qui me déchira le cœur et les inquiétudes qu’elle provoqua chez les troupes sont indescriptibles. Les héros de Tippecanoe, ainsi que les garnisons de Detroit et de Michilimackinac, furent conduits comme du bétail du fort Érié jusqu’au fort George sous la garde des troupes du général Brock avec toute la solennité et la pompe de l’insolence britannique. En raison de l’armistice et de notre propre faiblesse, nous étions incapables de leur porter secours comme ils l’auraient souhaité ; nous ne pouvions que les regarder et ressentir une douleur profonde… "

Les troupes américaines ne sont guère mieux équipées. Beaucoup d’entre elles manquent de choses essentielles comme de la nourriture, des armes et des vêtements appropriés, y compris des chaussures. Le général Van Rensellaer signale le problème à ses supérieurs :

" Nos meilleures troupes sont inexpérimentées, plusieurs de nos soldats sont démoralisés par la détresse que vivent leurs familles à cause de leur absence, et beaucoup n’ont pas les vêtements nécessaires. Nous voici dans un pays où il fait froid, la saison est très avancée et, la moitié du temps, nous sommes inondés par la pluie… Dans les conditions présentes, il serait imprudent de passer à l’offensive. "

 

Mais le président James Madison ne veut rien entendre des plaintes ou des excuses; il veut pouvoir annoncer une victoire au Congrès. Au début du mois d'octobre, il donne l’ordre de passer à l’attaque immédiatement.