Guerre de 1812Events and Locationsenglish

La bataille de Queenston Heights

" Il faut venger le général ! "
Lieutenant John Macdonell

Lectures supplémentaires :

Résumé de la bataille
de Queenston Heights

Arrière-plan des Britanniques
à Queenston Heights

Arrière-plan des Américains
à Queenston Heights

Les Britanniques à Queenston Heights

Brock à Queenston Heights

Les Américains à Queenston Heights

Les Iroquois à Queenston Heights


 

Les Britanniques à Queenston Heights

" Il faut venger le général ! "

Lieutenant John Macdonell

Le 13 octobre 1812, dans le silence et le calme du matin, le bruit des rames de l'autre côté de la rivière Niagara alerte les soldats britanniques cantonnés sur l’escarpement dominant Queenston. Se fiant uniquement aux bruits provoqués par les rames, ils déchargent immédiatement leurs armes. Quelques instants plus tard, l’artillerie britannique ouvre le feu à son tour, et l'éclat provoqué par l'explosion des bombes permet aux canonniers d'apercevoir les forces d’invasion américaines. Il est évident que ce ne soit pas un bluff ; les Américains traversent la rivière avec leur artillerie et des centaines d’hommes.

La lente et dangereuse traversée permet aux Britanniques de leur infliger, au moyen d'armes et de canons, des dommages considérables. De nombreux Américains meurent avant même de débarquer en terre canadienne. Le fort courant de la Niagara emporte trois embarcations en aval, où elles sont rapidement capturées. Mais le gros de l’armée américaine débarque au pied des falaises et repousse les Britanniques vers Queenston.

À quelques kilomètres au nord, monté sur son cheval Alfred, le général Brock, couvert de boue, galope vers le site de la bataille. Le grondement des canons à Queenston, à moins de dix kilomètres de son quartier général de Newark, l’a réveillé. Avant de partir, il a ordonné à une unité d’artillerie et à toute la force iroquoise de Norton, de le suivre jusqu’à Queenston. Le reste des troupes doit se préparer pour la bataille. En route, Brock rencontre les volontaires de York et les oblige à se rendre au village.

À Queenston, les déplacements de Brock demeurent incertains. Après avoir pris connaissance des détails de l’invasion, il réclame des renforts. Il monte ensuite sur les hauteurs pour examiner la situation. Pendant ce temps, les Britanniques maintiennent un feu nourri. En aval du village, les Américains continuent leur débarquement. Les troupes britanniques supplémentaires reçoivent l’ordre de descendre jusqu’aux abords du village pour ralentir l’avance américaine. Cela ne laisse qu’une poignée d’hommes pour protéger le canon principal britannique. Une unité américaine jaillit des bois. Les soldats britanniques enclouent rapidement le canon et se replient à mi-pente, dans l’escarpement.

Le général Brock sait que les Britanniques sont en train de perdre leur avantage. Le gros canon est nécessaire pour gêner l’embarquement ennemi à Lewiston, et, sans l’avantage des hauteurs, les Britanniques se verront repoussés vers le village. Brock rassemble ses hommes et mène deux assauts dans l’escarpement. Chaque fois, les Américains perdent du terrain, mais ils se regroupent rapidement et repoussent les Britanniques. La détermination de Brock à reprendre le canon semble éclipser tout le reste. Il mène ses hommes dans une autre attaque. Dans la clarté matinale, son uniforme de général est facile à identifier. Une volée de balles tirées par les Américains s'abat sur les attaquants. Une balle de mousquet frappe le général Brock à la poitrine, juste au-dessus du cœur, et le tue instantanément.

Les défenses britanniques s’effilochent rapidement. Dès que le corps du général est retiré, John Macdonell le jeune aide de camp de Brock tente un nouvel assaut. Touché, à la poitrine et au dos, il meurt avant la fin de la journée. Les Américains s’emparent des hauteurs et gagnent la maîtrise du village. Tous les canons britanniques, sauf un, sont réduits au silence.

En se dirigeant vers le lieu de la bataille, les milices et les régiments commandés par le général de division Roger Sheaffe aperçoivent les blessés pour la première fois. Le jeune milicien John Robinson s’en souviendra en ces termes : " Nous avons croisé des troupes américaines, sous détachement armé, en route vers fort George. La route était jonchée de pauvres malheureux souffrant de blessures de toutes sortes. Ils rampaient jusqu’à nos maisons pour y trouver protection et réconfort. Inaccoutumé à ce genre de choses, ce spectacle nous a horrifiés. "

Sous John Norton, les Iroquois prennent l’initiative et livrent combat aux Américains, sur les hauteurs. Les quelques troupes qui restaient encore au village remontent l’escarpement pour aider leurs camarades. Des canons britanniques nouvellement arrivés martèlent les positions américaines. Cela permet aux forces de Sheaffe de procéder sans opposition.

Incluant les renforts venus du fort Érié, Sheaffe commande une force de près de mille hommes, rassemblés en face des lignes américaines. Sheaffe leur donne l’ordre d’avancer.

À quelques centaines de mètres de là, Windfield Scott se rend compte qu’il ne peut plus compter sur des renforts venant de l’autre côté de la rivière. Il ordonne un repli stratégique. Tout semblant d’ordre se désagrège rapidement, et le repli se transforme en une folle dégringolade de l’escarpement vers les rives. " La rivière offrait un spectacle terrifiant. Les pauvres malheureux pris d'une peur paralysante plongeaient dans le cours d'eau, sans le moindre espoir d’être sauvés… ", raconte un jeune milicien canadien. " Beaucoup sautaient des parois de la montagne pour éviter l’horreur qui leur collait aux trousses, et dans leur chute, ils se disloquaient les membres. "

Les Britanniques et les Iroquois surprennent les Américains acculés à la rivière. Windfield évite de justesse d’avoir la tête fracassée par un tomahawk, avant de se rendre officiellement à Sheaffe. Pendant plusieurs minutes terrifiantes, quelques soldats britanniques et quelques Iroquois continuent de harceler les Américains. Mais bientôt, les hostilités cessent, et le dénombrement des morts commence. Les pertes britanniques sont légères : dix-neuf morts et cent blessés ou disparus. Pour le rôle qu’il a joué dans cette victoire, Sheaffe reçoit l’honneur insigne, et intimidant, de remplacer Brock à la tête des forces canadiennes.