Marche sur Kingston
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Marche sur KingstonLeur première invasion du Haut-Canada sétant soldée par un échec, les Américains entreprennent daccroître leur force militaire à Sacketts Harbour, dans lÉtat de New York. Lobjectif : la garnison britannique de Kingston, de lautre côté du lac Ontario. Faute de troupes régulières britanniques et canadiennes dans la région, les seuls soldats disponibles pour défendre Kingston se trouvent à quelque 1 200 km de là, à Fredericton, au Nouveau-Brunswick. Dans la guerre de 1812, lissue des batailles était souvent déterminée par le comportement personnel de certains officiers et de leurs bataillons face à une situation critique. Au cours de lhiver 1813, le bataillon mis à lépreuve sera le régiment du Nouveau-Brunswick, composé presque entièrement de Canadiens. À leur tête, le jeune officier John Le Couteur. Fils dune vieille famille militaire, il vient dobtenir son diplôme de la nouvelle Académie militaire dAngleterre. Il parle couramment langlais et le français, ce qui s'avérait indispensable dans le cadre d'une affectation au Canada. Le 5 février, Le Couteur rapporte que le temps est ensoleillé et froid. Il fait -22 oC à Fredericton. Le régiment du Nouveau-Brunswick a reçu lordre de se rendre au Haut-Canada par voie de terre, cest-à-dire en traversant des centaines de kilomètres de brousse et de forêt, en plein hiver. Il ny a ni routes, ni sentiers, ni abris. Jamais personne n'a fait un tel voyage auparavant. Étonnamment, le régiment va effectuer cette marche en cinquante-deux jours sans perdre un seul de ses cinq cent cinquante hommes. Larrivée triomphale des renforts à Kingston met fin à la menace immédiate dune attaque américaine. Le Couteur a raconté une grande partie de cette marche dans son remarquable journal. Voici quelques-unes de ses observations : |