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Les Britanniques dans la Baie de Chesapeake:
la campagne vers Washington

 
Fort Washington

Lectures supplémentaires :

Résumé de l’attaque sur Washington et Baltimore

Les Britanniques attaquent Bladensburg et marchent sur Washington

La défaite américaine lors de la bataille de Bladensburg

Les britanniques montent le Potomac

Washington en flamme

L'attaque britannique sur Baltimore

La défense américaine de Baltimore

Les Américains se préparent à défendre Washington et Baltimore

À l’été de 1814, Washington n’est guère plus qu’un village poussiéreux avec quelques édifices gouvernementaux récemment érigés. Baltimore, par contre, est un riche port de mer et une base navale non officielle où quelques navires de guerre sont en construction. Le port est également la demeure de quelques corsaires américains comme le commodore Joshua Barney, qui harcèlent, de façon très efficace, le transport maritime britannique en Atlantique.

Le ministre de la Guerre John Armstrong est responsable de la défense des deux villes. Il croit que les Britanniques seront tentés d’attaquer Baltimore, mais qu’ils laisseront Washington tranquille. " Ils ne viendront sûrement pas ici ", affirme Armstrong. " Que diable viendraient-ils faire ici ? Non, non ! Baltimore est leur cible… elle est beaucoup plus importante. " En fonction de cela, Armstrong va concentrer tous ses efforts dans la région de Baltimore.

Pour assurer la coordination des préparatifs de défense, Armstrong propose l’ancien officier d’artillerie, le général de brigade Moses Porter. Mais le président Madison rejette la proposition de son ministre et confie le commandement de la milice au général de brigade William Winder. En temps de paix, Winder est avocat à Baltimore. Sa nomination est due beaucoup moins à son flair militaire qu’au fait que son cousin est le gouverneur du Maryland. Dans les semaines qui précèdent le débarquement britannique à Benedict, Winder demande l’autorisation de former une troupe d’au moins quatre mille miliciens. Sa demande est refusée par le Cabinet qui déclare qu’il n’est pas nécessaire de rassembler une troupe tant qu’on n’a pas obtenu " la preuve qu’il existe un danger réel ".

Une fois les Britanniques débarqués à Benedict, sur la rivière Patuxent, Armstrong est lui-même forcé d’admettre que Washington est en danger. Ce qui s’ensuit est une série de maladresses qui relève davantage de la bouffonnerie que de la stratégie militaire véritable. Le secrétaire d’État James Monroe se dirige vers Benedict avec une escorte de cavaliers. Sa mission est de compter les vaisseaux et les soldats britanniques. Mais Monroe a peur de s’approcher à plus de cinq kilomètres de la ville. Il a également oublié d’apporter son télescope. Après avoir tourné furtivement autour de la périphérie de Benedict pendant trois jours, il en conclut qu’il y a six mille soldats britanniques. En réalité, il n’y en a que quatre mille cinq cents. Entre-temps, aucun des autres gouvernants américains ne songe à bloquer les routes et les ponts qui mènent à la Capitale.

Winder obtient enfin l’autorisation de former une milice. Le 20 août, il a neuf mille hommes en armes. Mais il n’est pas du tout sûr de la stratégie des Britanniques : il semblerait qu’ils aient l’intention d’attaquer Washington, mais il est également possible qu’ils contournent la Capitale et qu’ils marchent sur Baltimore. Pour cette raison, Winder divise ses forces. Il déploie cinq mille miliciens dans la région de Baltimore et divise le reste en détachements qu’il place sous les ordres de Tobias Stansbury et Samuel Smith.

Laissant la brigade de Smith à Washington, Winder et Monroe partent vers Benedict à la tête des hommes de Stansbury. Les Américains rencontrent les troupes britanniques qui avancent et Winder ordonne aussitôt un repli vers Battalion Old Fields, à quelque huit kilomètres au sud de Washington.

Winder réalise, enfin, que c’est Bladensburg qui est la clé stratégique pour défendre Washington. Il donne l’ordre à Stansbury de déployer ses troupes à l’est du village dans la meilleure position défensive possible. Winder consulte le président Madison et son cabinet à chaque occasion ; les politiciens, de leur côté, surveillent ses moindres gestes.

Au début, Stansbury suit les ordres à la lettre. Mais, le 23 août, il envoie un message à Winder l’informant qu’il a été informé que les Britanniques sont à peine à neuf kilomètres et demi et qu’ils se dirigent tout droit sur Blandesburg. Cette information allait s’avérer inexacte. Stansbury décide de battre en retraite immédiatement. Le lendemain matin, Stansbury envoie un autre message : craignant que les Britanniques ne lui barrent la route, il poursuit son repli vers Washington. Winder ordonne à Stansbury d’interrompre sa retraite et envoie les forces de Smith à Bladensburg. Winder lui-même les retrouvera au village peu de temps après.

Mais le secrétaire d’état James Monroe arrive à Bladensburg avant et donne l’ordre à un régiment de se replier à quatre cents mètres vers l’arrière. Cela laisse les canons et les fusils de la ligne de front sans soutien. Lorsque Winder arrive, il est trop tard pour effectuer des changements.