Le 12 juin 1812, les États-Unis
stupéfièrent le monde en déclarant la guerre à
la Grande-Bretagne. Soutenant ses alliés en Espagne et au Portugal, larmée britannique se trouvait dans la péninsule ibérique engagée dans une lutte à finir contre Napoléon Bonaparte qui avait rassemblé les forces de la France révolutionnaire sous son aile. Bien quayant perdu les Treize colonies aux mains de George Washington et des révolutionnaires américains vingt-cinq ans plus tôt, lAngleterre, comme la plupart des Européens, ne prirent pas les États-Unis au sérieux. Ceci en dépit du fait que le gros des approvisionnements de la Grande-Bretagne pour la guerre napoléonienne provenait des États-Unis et du Canada que ce soit du buf pour nourrir les armées du Duc de Wellington ou des chênes pour construire les vaisseaux de Sa Majesté. Mais la Grande-Bretagne se trouva confrontée à une autre guerre, une guerre quelle avait assidûment tenté déviter. Les motifs avancés
pour cette guerre semblent avoir été oubliés dès
que les premiers coups de feu eurent été échangés.
Les États-Unis étaient irrités par larrogance
de la British Navy en haute mer. Désespéré de trouver
des matelots pour sa flotte de plus dun millier de navires, la Grande-Bretagne
nhésitait pas à arrêter et à fouiller
les navires américains dans lespoir dy trouver des
marins qui avaient fui la discipline tyrannique de la British Navy pour
la vie plus facile à bord des vaisseaux américains. Comme le révèlent les documents, les Américains voulaient bien plus que des droits maritimes. Ce quils désiraient profondément, cétait lautre moitié du continent Nord-américain qui était encore entre les mains du Roi dAngleterre. En 1778, pendant la Révolution américaine, les Yankees avaient essayé de semparer du Canada, et avaient même capturé Montréal. Mais lexpédition, sous le commandement des généraux Montgomery et Benedict Arnold, prit fin dans le froid glacial sous les murs imposants de la forteresse de Québec. En 1812, les Américains étaient déterminés à faire une nouvelle tentative pour éradiquer la présence britannique en Amérique du Nord, et régler le " problème indien " une fois pour toutes. Une telle campagne, prétendait Thomas Jefferson, ne serait guère plus ardue quune promenade. Au Congrès, les " Faucons " adoptèrent cette position et exigèrent que les États-Unis parachèvent leur indépendance de la Grande-Bretagne pour laquelle ils sétaient tant battus. Beaucoup dAméricains voyaient le conflit de 1812 comme une seconde guerre révolutionnaire Lorsque la Grande-Bretagne comprit, enfin, que les Américains étaient prêts à faire la guerre sur la question de lenrôlement forcé des marins, elle révoqua les Ordres du Conseil qui autorisaient les saisies. Mais, en fin de compte, ces motifs avaient si peu de poids quils ne furent même pas mentionnés dans le traité de paix qui mit un terme à la guerre. Mais en 1812, il était trop tard. La guerre était là et, pas plus quun ouragan, pouvait-elle être arrêtée. |