Guerre de 1812people

Anne Prevost

 

Britanniques

 

Née le 1er janvier 1795, Anne Prevost reçut une éducation plus ou moins complète, car sa mère et elle devaient suivre George Prevost quand il était muté ici ou là dans l'empire britannique. Anne détestait cordialement la couture et l'étude du français, mais elle adorait monter à cheval et, arrivée au Canada, elle marchait en raquette comme une fille du pays. Un jour, elle se hissa jusqu'au sommet d'un éperon rocheux, seule femme dans un groupe d'intrépides messieurs.

Anne Prevost tint un journal intime tout au long de la guerre de 1812. Même si ses comptes rendus sont incomplets, ils jettent une lumière intéressante sur la pensée de son père. Mais une jeune femme ne peut passer tout son temps à ruminer les affaires de l'État. Anne aimait, peut-être par-dessus tout, danser, et la fille du gouverneur général ne manquait ni de cavaliers ni de prétendants. Elle faisait toutefois attention de ne pas sembler favoriser l'un plutôt que l'autre. À son avis, mieux valait " ne pas se marier que de se mal marier. "

Elle gardait pour elle le secret de son affection particulière pour le capitaine Henry Milnes, qui était un lointain cousin et l'aide de camp de son père. On les voyait souvent danser ensemble, se promener le long des routes de campagne et, l'hiver, se balader en traîneau à cheval sur les chemins enneigés. Mais Anne faisait toujours en sorte qu'on ne puisse croire qu'ils étaient fiancés, et toutes leurs sorties étaient chaperonnées. Sa retenue n'était pas sans motif, car le capitaine Milnes s'était amouraché d'une femme mariée, l'épouse d'un certain major Cockburn. Selon le journal d'Anne, " le pauvre capitaine M. [était] très épris " et madame Cockburn, dont le mari se battait quelque part au Haut-Canada, faisait tout pour l'encourager. Les ragots se mirent à courir et un parent d'âge mûr du capitaine se mêla de l'affaire dans l'espoir d'éviter un scandale : il fut décidé que Milnes serait affecté à une unité combattante. Lui et Anne se seraient-ils mariés ? On ne peut que spéculer sur cette question, car, quelques jours après avoir assumé ses nouvelles fonctions, le capitaine fut mortellement blessé.

Le journal d'Anne Prevost parle de repas, de partenaires de danse, de potins (… je n'aimais pas mademoiselle C. parce qu'elle se mettait du rouge ...), mais un thème qui revient constamment est sa préoccupation pour la réputation de son père. Quand son père prit personnellement en main la malheureuse expédition sur Plattsburg, elle écrivit : " Autant je tenais à ce que mon père reste en vie, autant je démontrais que j'étais véritablement la fille d'un soldat en tenant encore plus à ce que son nom ne soit pas souillé. "

Après la guerre, la réputation de son père ternie, Anne Prevost connut des temps difficiles. D'abord, son père mourut avant d'avoir pu se défendre des accusations qui pesaient contre lui, ensuite ce fut le tour de sa mère, de son seul frère et de sa seule sœur de mourir rapidement.

Anne passa le reste de sa vie sans se marier " trouvant consolation auprès de celui qui a créé toute vie. "