John Armstrong
|
Après avoir servi son pays durant la guerre de l'Indépendance, John Armstrong (1758- 1843) devint sénateur de l'État de New York. En 1803, il fut nommé ambassadeur des États-Unis en France, où il eut l'occasion, jusqu'à ce que les relations entre les deux pays deviennent tendues, de négocier avec Napoléon. Il rentra en Amérique en 1810. Quand éclata le conflit de 1812, Armstrong fut nommé secrétaire de Guerre, en remplacement de l'inefficace William Eustis. Le président Madison hésita avant de faire la nomination, car plusieurs de ses plus importants conseillers étaient contre. Mais Armstrong avait une confiance inébranlable en ses aptitudes militaires ; avec l'aide d'amis influents, il parvint à obtenir le poste. Durant la guerre de l'Indépendance, les lettres d'Armstrong à ses amis étaient remplies de ses opinions sur la conduite des opérations ; l'homme se considérait, de toute évidence, comme un stratège militaire de grand talent. Un de ses premiers gestes à titre de secrétaire de la Guerre fut de composer un document officiel énumérant les lois et les règlements gouvernant l'armée des États-Unis. Mais Armstrong ne jouissait pas vraiment de la confiance du président et encore moins de celle des soldats qu'il commandait. On a décrit Armstrong comme un administrateur avare à la personnalité exécrable. Il semble qu'il portait trop d'attention à certaines questions, et pas assez à d'autres. Cette incapacité à trouver un équilibre le priva rapidement de l'estime des officiers de son armée. Peu après le début de la guerre, Armstrong devint obsédé par l'idée de prendre Kingston et, par conséquent, négligea de soutenir William Henry Harisson, qui lui commandait la frontière ouest. Quand Armstrong tourna finalement son attention sur l'Ouest, il y fit plus de mal que de bien en s'immisçant directement dans les opérations. Harisson finit par démissionner, invoquant qu'Armstrong ne respectait pas la hiérarchie, allant jusqu'à contredire les ordres de ses officiers. En 1814, sans l'approbation du président, Armstrong se mit à nommer des officiers supérieurs, comme celui qui remplaça Harisson. Cela rendit Madison furieux et le poussa à s'occuper de plus près à l'effort de guerre... et ce fut alors au tour d'Armstrong d'être offensé. La ville de Washington était menacée et Armstrong boudait. Quand on soulevait des interrogations sur ses plans défensifs, il balayait les doutes en disant : " Ils ne viendront certainement pas jusqu'ici. " De toute façon, se disait-il, la milice serait bien plus efficace dans une action improvisée que si elle devait subir une longue période d'attente. Le jour où les Tuniques rouges mirent sa milice en déroute et déferlèrent outre les défenses de Bladensburg, Armstrong dut comprendre qu'il ne serait plus longtemps en poste. À son retour à Washington, après l'invasion, il trouva les civils et les miliciens également indignés. On le considérait comme le seul responsable du saccage de la capitale. Armstrong donna sa démission peu après et retourna à New York où il passa le reste de ses jours à écrire et à exploiter sa ferme. Il mourut en 1843.
|