Guerre de 1812people

Robert Heriot Barclay

Britanniques

Robert Barclay, fils d'un pasteur écossais, se joignit à la Royal Navy, à titre d'aspirant de marine, à l'âge de 11 ans. En 1805, il fut affecté au navire du vice-amiral Horatio Nelson, le Victory. À Trafalgar, il faisait partie de l'équipage du HMS Swiftsure et reçut une mention pour avoir sauvé de nombreux marins français durant la tempête qui suivit la bataille. Barclay perdit le bras gauche quand le HMS Diana, sur lequel il servait, affronta un convoi français.

En 1810, Barclay fut affecté à l'Amérique du Nord, où il servit à titre d'enseigne de vaisseau sur divers bâtiments. En 1813, il fut promu lieutenant de vaisseau et nommé commandant du Canadian Provincial Naval Squadron, basé à Amherstburg, sur le lac Érié.

Barclay n'était pas le premier choix du commandant en chef de marine James Yeo pour ce poste. Il l'avait d'abord offert au capitaine William Howe Mulcaster, qui n'en avait pas voulu. Ce dernier croyait, en effet, qu'aux yeux du haut commandement britannique, le lac Érié était loin d'être prioritaire et que la plupart des ressources seraient destinées à la flotte du lac Ontario.

Cette attitude est illustrée par une lettre de Sir George Prevost à Barclay et au commandant de l'armée de terre d'Amherstburg, Henry Proctor, dans laquelle il disait : "...les armes, les munitions et le ravitaillement dont vous avez besoin doivent être pris à l'ennemi. Ses ressources sur le lac Érié doivent devenir les vôtres. "

Malgré ses maigres ressources, Barclay parvint à renforcer sa flotte avec la construction d'un navire de trois cents tonneaux, le Detroit. Mais ce n'était pas assez pour qu'il soit à armes égales avec la flotte américaine. Malgré cela, Barclay n'avait pas d'autre choix que d'affronter Oliver Hazard Perry, commandant de la marine américaine du lac Érié.

En septembre 1813, la base d'Amherstburg était tellement dépourvue que les marins britanniques devaient se contenter de demi-rations. Barclay devait absolument tenter de réapprovisionner les forces britanniques sur le lac. Le 10 septembre, quand eut lieu la bataille du lac Érié, la garnison britannique n'avait plus de provisions que pour une journée.

La bataille fut un véritable désastre pour les Britanniques. Pour la première fois de l'histoire, une de leurs flottes fut défaite, puis capturée en entier. Barclay fut grièvement blessé et perdit en partie l'usage du bras qui lui restait. Une anecdote raconte qu'il écrivit à sa fiancée pour lui expliquer ses nouvelles infirmités et lui offrir de la libérer de sa promesse. Mais sa fiancée répliqua que, tant que le corps de Barclay suffirait à garder son âme sur terre, elle serait prête à l'épouser.

Quand, inévitablement, une cour martiale se pencha sur les causes de la défaite, Barclay fut exonéré de tout blâme. Il dut néanmoins attendre dix ans avant d'obtenir le grade de capitaine de vaisseau.