Isaac Brock
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Avant le début du conflit contre les Américains, Isaac Brock n'avait pas beaucoup d'intérêt pour le Canada. Ce vaste territoire sauvage, avec son complexe réseau d'habitants autochtones et immigrants, l'indisposait habituellement plus qu'il ne l'enchantait. Pour Brock, le service dans les colonies n'était qu'un moyen d'obtenir la reconnaissance et les promotions qui le mèneraient à des aventures plus excitantes en Europe. Mais, la déclaration de guerre des États-Unis contre la Grande-Bretagne et l'intention avouée des Américains de prendre tout le Canada, le fit changer d'idée. En fin de compte, son destin et sa renommée allaient être liés à une guerre disputée dans cette colonie lointaine. Isaac Brock naquit en 1769, sur la petite île britannique de Guernesey. Il était le huitième fils de sa famille et, tout comme trois de ses frères aînés, avait très tôt décidé de faire sa marque dans l'armée britannique. Il débuta en 1785 comme porte-étendard dans le 8e Régiment d'infanterie (The King's Regiment) et monta en grade jusqu'à être capitaine dans le 49e. En 1797, après avoir servi dans les Caraïbes avec le 49e, il acheta une charge de lieutenant-colonel et devint ainsi commandant du régiment. Après quoi, il servit en Hollande, sous l'amiral Nelson, avant de recevoir l'ordre d'amener son régiment au Canada, où il arriva en 1802. Déjà à cette époque, Brock était reconnu comme un très bon commandant. Il était exigeant, mais juste et traitait ses subordonnés avec considération, ce qui lui valait un réel respect de la part de ces derniers. Le grand talent militaire de Brock lui permit d'occuper nombre de postes au cours de son affectation au Canada. Il fut commandant de la garnison de Québec, puis, après avoir été promu général de division en 1811, il devint commandant des forces de tout le Haut-Canada. Tout cela ne l'empêcha pas de fréquemment demander une mutation en Europe, où il voulait participer à la guerre contre Napoléon. Mais après le rappel, pour un temps indéterminé, du lieutenant-gouverneur Francis Gore en Angleterre, l'administration du Haut-Canada fut confiée à Brock, ce qui allait prolonger son séjour. Les échos de plus en plus forts des demandes d'action du Congrès américain, contre ce que ce dernier considérait comme des agissements illégaux de la Grande-Bretagne en haute mer, firent comprendre à Brock qu'il était dans une position privilégiée pour se préparer aux hostilités. Le gouverneur général Prevost, comme la plupart des dirigeants britanniques, ne croyait pas que les choses iraient très loin. Bon nombre de ces mêmes dirigeants croyaient en outre que, si les Américains voulaient envahir le Canada, leurs forces militaires britanniques seraient incapables de les en empêcher. Mais les difficultés semblaient toujours stimuler Brock. Dès le début de 1812, il renforçait les défenses et cherchait à s'allier diverses nations indiennes. Sa position d'administrateur du Haut-Canada lui permit d'amder la loi sur la milice afin de pouvoir y inclure le plus de volontaires possible et d'en intensifier l'entraînement.
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