Isaac Brock
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Quand la guerre fut déclarée, Brock avait déjà mis en mouvement la stratégie qu'il allait favoriser durant toute sa participation au conflit : se préparer longtemps d'avance et prendre l'initiative chaque fois que possible. Malgré les avertissements constants de Prevost, qui lui disait de ne pas prendre l'offensive, Brock savait qu'une attitude par trop prudente ne lui vaudrait pas l'appui des colons du Haut-Canada et encore moins l'alliance cruciale avec les Premières nations. En obtenant très tôt l'appui du traiteur de fourrures Robert Dickson, un homme d'une grande influence auprès des Premières nations du Nord-Ouest, Brock put faire des plans pour prendre le fort Mackinac, qui était d'une grande importance stratégique, dès la déclaration officielle de la guerre. C'était là une action intelligente qui démontra que les Britanniques avaient l'intention de se battre et que leurs soldats et les guerriers indiens pouvaient agir de concert. La démonstration ne passa pas inaperçue aux yeux de nombreux Autochtones, qui subissaient alors de fortes pressions de la part des deux antagonistes afin de les embrigader dans leurs rangs. Brock était conscient de l'absolue nécessité de s'allier les Premières nations et, après son opération sur Mackinac, il chercha à solidifier et à officialiser ses liens avec elles. L'invasion américaine de Sandwich lui donna l'excuse dont il avait besoin pour passer outre aux directives de retenue de Prevost. Quand Brock rencontra Tecumseh et s'engagea immédiatement à attaquer le fort Detroit, il se mérita le soutien d'un des chefs autochtones les plus influents. La prise du fort par Brock, qui aurait été impossible sans les guerriers indiens, apporta aux Britanniques bien plus que le ravitaillement dont ils avaient absolument besoin, elle permit également à la population du Haut-Canada de croire qu'elle pouvait défendre son pays. Mais, en s'alliant à Tecumseh, Brock ne s'engageait pas seulement à avoir l'esprit de décision au combat, il engageait également les Britanniques à adopter la vision du guerrier shawnee d'un territoire autochtone indépendant. L'engagement de Brock à ce que cette question soit incluse dans la négociation de tout traité de paix, lui fut sans aucun doute inspiré par la position presque impossible de la petite armée chargée de protéger les possessions du roi en Amérique du Nord. Il est peut-être vrai que Brock appréciait Tecumseh, mais sa correspondance laisse croire que ses sentiments, devant la lutte des Premières nations contre l'injustice, allaient d'une vague sympathie à l'indifférence. Malgré cela, ce que nous savons de Brock permet de penser que son sens de l'honneur l'aurait conduit, s'il avait vécu, à respecter sa promesse et à négocier en faveur des Autochtones. Après Detroit, la lancée de Brock fut brisée quand Prevost signa un armistice avec Henry Dearborn, le commandant en chef américain. Cela permit aux Américains de reprendre leur souffle et de préparer leur attaque du Canada le long de la rivière Niagara. Ne pouvant prédire où les Américains allaient commencer leur invasion, Brock fit de son mieux pour préparer les défenses de la région. Quand l'attaque commença, à Queenston, Brock se précipita du fort George pour prendre le commandement de la bataille et fut parmi les soldats repoussés de Queenston Heights par les Américains. Brock avait toujours dit qu'il ne demanderait jamais à ses hommes d'aller où il ne pourrait pas les y mener lui-même et, fidèle à sa parole, il était à leur tête lors de deux assauts désastreux pour reprendre les canons. Au cours de la deuxième offensive, il fut atteint par un projectile qui causa, presque instantanément, sa mort.
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