Isaac Brock
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Brock à DétroitLannonce de linvasion du Haut-Canada par le général Hull et létablissement de ses quartiers généraux à Sandwich, force Brock à agir. Malgré les ordres de Sir George Prevost de ne pas provoquer lennemi, Brock part pour le front. De son côté, Prevost ne perd pas espoir quune solution diplomatique au conflit soit encore possible. Le 5 août, Brock quitte York avec ses troupes et se dirige vers le fort Érié par voie terrestre. À son arrivée, il réquisitionne les bateaux des citoyens de lendroit. Neuf jours plus tard, dix gros bateaux qui prennent leau déposent sur la rive est de la rivière Detroit les quatre cents soldats qui composent sa modeste troupe. Ces soldats sont pour la plupart des miliciens quil a recrutés en cours de route. Brock se rend à Amherstburg, confiant que les troupes américaines sont très mal équipées et que leur moral est très bas. Les Britanniques ont obtenu ces renseignements après sêtre emparés de la goélette américaine, Cuyohoga Packet. Sur le bateau, ils ont trouvé, entre autres choses, un sac contenant la correspondance personnelle de Hull. Ces lettres révèlent que Hull a surévalué les forces ennemies et quil est terrifié par les guerriers de Tecumseh. En route vers Amherstburg, Brock apprend aussi que Hull redoute tellement la force et le savoir-faire des Britanniques quil a abandonné sa base de Sandwich. Peu de temps après son arrivée, Brock rencontre pour la première fois le légendaire Tecumseh. Il est très impressionné par son allié et aussi très heureux dapprendre que lui et ses guerriers ont déjà affronté lennemi à deux reprises. Ces attaques perpétrées par Tecumseh ont empêché que les ravitaillements désespérément attendus natteignent les forces américaines à fort Detroit, en amont de la rivière. Utilisant les renseignements interceptés au sujet des forces américaines, Brock en conclut que ses meilleures chances de succès résident dans lexploitation des craintes de Hull. Il décide de lancer une offensive britannique dont le fer de lance serait une force indienne très importante et très visible. Tecumseh y consent sans réserve. Brock est conscient quil outrepasse le mandat que ses supérieurs lui ont confié. En effet, une action directe contre les Américains est précisément ce que Prevost essaie déviter. Mais Brock na jamais caché sa répugnance pour la politique de Prevost. Brock et Tecumseh seraient tout aussi dégoûtés sils savaient ce que Prevost manigançait pendant quils préparaient leur première confrontation majeure de la guerre. Une semaine plus tôt, le gouverneur général Prevost sétait mis daccord avec le général américain Dearborn pour signer un armistice. Brock ignore tout de cette entente. Sa stratégie à lui c'est dattaquer. Brock est lui-même surpris du succès de ses actions audacieuses. Quand il met pied à terre sur le côté américain de la rivière, au sud de Detroit, il apprend quune force ennemie de trois cent cinquante hommes sapprête à lencercler par larrière. Continuant son avance vers le fort, il met ses hommes à labri dans un ravin tout proche. Ensuite, Brock savance seul, devant ses troupes. Il ne lui reste que très peu de temps pour décider de ce quil va faire. Il ne peut rien entreprendre sans révéler la véritable taille de ses effectifs. Heureusement pour Brock, sa tromperie réussit. Il cache son étonnement lorsqu'il voit venir vers lui un officier américain, drapeau blanc en main, portant un message du général Hull. Sans plus tarder, Brock négocie la reddition et obtient tout ce quil veut : le fort, les canons, les vivres et toutes les troupes, y compris celles des colonels Cass et McArthur revenus à Detroit pour venir en aide à leurs camarades assiégés. Ce que Brock ne réalise pas immédiatement, cest que sa victoire fournit quelque chose de beaucoup plus que ce butin militaire à leffort de guerre britannique : elle excise la mentalité défaitiste qui prévaut au Haut-Canada au début de la guerre. Les lettres de Brock à ses supérieurs font état de son inquiétude à légard de ces attitudes, particulièrement au sein des milices : " La croyance générale est que cette province doit succomber Les législateurs, les magistrats, les officiers de la milice, tous sont de cet avis Au nom du Ciel, que peut-on faire avec une population si vile? " La victoire de Detroit fortifie les troupes régulières britanniques, donne de lespoir aux miliciens peu fiables, et assure le soutien des Indiens de Tecumseh. Quon le veuille ou pas, Brock, en capturant Detroit, vient douvrir la voie à une guerre des plus violentes, exactement le genre de confrontation que Prevost espère éviter. Avec ou sans armistice, les Américains ne veulent pas de paix sans le territoire du Michigan.
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