Guerre de 1812people

Isaac Brock

 

Britanniques

Brock à Détroit

Brock fut lui-même surpris du succès de ses actions audacieuses. Quand il mit pied-à-terre sur le côté américain de la rivière, au sud de Détroit, il apprit qu’une force ennemie de trois cent cinquante hommes s’apprêtait à l’encercler par l’arrière. Continuant son avance vers le fort, il mit ses hommes à l’abri dans un ravin tout proche. Ensuite, Brock s’avança seul, devant ses troupes. Il ne lui restait que très peu de temps pour décider de ce qu’il allait faire. Il ne pouvait rien entreprendre sans révéler la véritable taille de ses effectifs. Heureusement pour Brock, sa tromperie réussit. Il dut cacher son étonnement quand il vit venir vers lui un officier américain, drapeau blanc en main, portant un message du Général Hull.

Sans plus tarder, Brock négocie la reddition. Il obtient tout ce qu’il veut : le fort, les canons, les vivres et toutes les troupes, y compris celles des colonels Cass et McArthur qui sont revenus à Détroit renforcer leurs camarades assiégés.

Ce que Brock ne réalise pas immédiatement, c’est que sa victoire a fourni quelque chose de beaucoup plus précieux à l’effort de guerre britannique que ce butin militaire : elle a excisé la mentalité défaitiste qui prévalait dans le Haut-Canada au début de la guerre. Les lettres de Brock à ses supérieurs avaient fait état de son inquiétude à l’égard de ces attitudes, particulièrement au sein des milices : " la croyance générale est que cette province doit succomber… Les législateurs, les magistrats, les officiers de la milice, tous sont de cet avis… Au nom du ciel, que peut-on faire avec une population si vile ? "

La victoire de Détroit fortifia les troupes régulières britanniques, donna de l’espoir aux miliciens peu fiables, et assura le soutien des indiens de Tecumseh. Qu’on le veuille ou pas, Brock, en capturant Détroit, venait d’ouvrir la voie à une guerre des plus violentes — exactement le genre de confrontation que Prevost espérait éviter. Avec ou sans armistice, les Américains ne voudront pas de paix sans le territoire du Michigan.

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