Guerre de 1812people

Jacob Brown


Américains

Jacob Brown était un Quaker de la Pennsylvanie qui avait pratiqué divers métiers avant d'entrer dans l'armée. Il avait été, notamment, maître d'école, arpenteur et, plus tard, contrebandier. Puis, ayant déménagé dans l'État de New York, près du lac Ontario, il y devint un personnage influent. Quand on lui offrit une commission dans la milice de l'État, Brown accepta, après avoir mis de côté ses tendances pacifistes. Sa haute stature et sa prestance, de même que ses capacités à organiser et à entraîner les hommes, le firent vite remarquer. Les autres officiers ne tardèrent pas à l'élire général de brigade.

Brown acquit une grande renommée pour sa défense de Sackett's Harbour, en mai 1813. Même si sa milice avait, dans un premier temps, abandonné le combat, il parvint à arrêter l'avance britannique par la ruse. En récompense de son courage, le ministre de la Guerre, John Armstrong, le nomma général de brigade dans l'armée régulière. Peu après, à l'automne de 1813, Brown participa à la tentative ratée d'atteindre Montréal.

Même si l'armée américaine avait été malmenée à la ferme Chrysler, Brown réussit à dégager les abords des rapides du Long Sault des troupes britanniques, ce qui put faire brièvement croire que l'opération américaine pourrait emporter la victoire. Il mena ensuite ses troupes vers l'aval et, comme prévu, rejoignit le général de division Wilkinson. Mais, ce dernier, toujours indécis, ne voulait pas avancer sur Montréal sans l'appui du général de division Wade Hampton, et finit par mettre un terme à la campagne. L'armée retourna aux États-Unis et hiverna deux mois à French Mills, dans des conditions difficiles. La bonne performance de Brown ne passa toutefois pas inaperçue.

Au printemps de 1814, Brown remplaça Wilkinson à la tête de l'armée du Nord. Il se donna comme objectif la péninsule de Niagara, croyant qu'une offensive conjointe avec le commodore Chauncey pourrait être couronnée de succès. S'il réussissait à occuper la péninsule, croyait Brown, il pourrait ensuite prendre York et Kingston. Au début de juillet, le général traversa la rivière Niagara à la tête de trois mille cinq cents hommes et s'empara du fort Érié. Deux jours plus tard, les Américains connurent une victoire sans précédent, à Chippewa, sur un champ de bataille ouvert. Le gros des forces britanniques put néanmoins s'échapper et, au cours des semaines suivantes, réussit à obtenir des renforts. Brown poursuivit les Britanniques jusqu'aux portes du fort George, mais retarda son attaque dans le vain espoir de recevoir le soutien de Chauncey. Il se replia ensuite sur Chippewa pour regrouper ses troupes, mais les Britanniques vinrent à sa rencontre.

Le 25 juillet, l'avant-garde britannique fut attaquée par le bataillon de Winfield Scott et, subitement, Brown se trouva entraîné dans un affrontement majeur : Lundy's Lane. Il dirigea l'offensive américaine jusqu'à ce qu'il soit grièvement blessé par une balle de mousquet, puis par un boulet de canon. Il fut évacué du champ de bataille et c'est le général de division Eleazar Ripley qui assuma le commandement. La sanglante bataille se termina sans qu'une des parties puisse prétendre à la victoire.

Les Américains prirent refuge au fort Érié et les Britanniques les y assiégèrent pendant sept semaines. Brown, qui était loin d'être remis de ses blessures, refusait de capituler. Les Britanniques finirent par lever le siège, mais les Américains durent quand même retourner chez eux, leurs approvisionnements étant à un niveau dangereusement bas. Pendant que Washington brûlait et que les Britanniques s'avançaient dans l'État de New York, l'obstination courageuse de Brown sur la rivière Niagara contribua à soutenir le moral faiblissant du peuple américain.

À l'issue du conflit, Jacob Brown était un héros national. Quand l'armée américaine réduisit ses effectifs après la guerre, il conserva son poste. En 1821, il devint commandant en chef de l'année et le resta jusqu'à sa mort, en 1828. Il était alors âgé de 53 ans.