Gordon Drummond
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En devenant administrateur du Haut-Canada, vers la fin de 1813, Gordon Drummond eut la distinction d'être le premier officier natif du Canada à cumuler les responsabilités civiles et militaires de la province. Depuis le début de la guerre, il était le quatrième à occuper le poste, succédant au général de division et baron Francis de Rottenberg, qui avait lui-même succédé à Sheaffe. Drummond venait à ses fonctions jouissant d'une réputation d'officier talentueux, dont l'enthousiasme était tempéré par un jugement sûr. Né à Québec en 1772 et éduqué en Angleterre, Drummond se joignit d'abord au 1er Régiment d'infanterie, le Royal Scots et monta rapidement en grade. En 1794, il était le lieutenant-colonel avec le moins d'ancienneté servant sous le duc de York, dans les Pays-Bas. En 1805, il avait atteint le rang de général de division. Avant sa venue en Amérique du Nord, il avait servi dans la région méditerranéenne et dans les Antilles. Il avait été au Canada durant les trois années précédant la guerre, mais, quand le conflit éclata, il était affecté en Irlande. Vers la fin de 1813, on le rappela au Canada. Drummond démontra qu'il était tout à fait le genre d'officier dont Prevost avait besoin. Un de ses premiers gestes fut d'arrêter les mouvements de troupes vers le Bas-Canada, assurant ainsi une forte présence au Haut-Canada. Reconnaissant l'importance de la région de Niagara, il fit suivre la récente reprise du fort George par une attaque à l'improviste, en décembre 1813, sur le fort Niagara. En prenant ce dernier, Drummond s'assura la maîtrise de l'embouchure de la rivière Niagara, un avantage dont les Britanniques allaient profiter l'été suivant. Comme administrateur civil, Drummond était sans pitié pour les traîtres, mais il respectait les citoyens ordinaires, même s'il dut imposer la loi martiale afin de pouvoir nourrir son armée. Prevost s'était engagé à accorder la plus grande importance aux mesures défensives et Drummond exigea donc des matériaux pour construire de nouvelles fortifications et améliorer les anciennes. Il fit aussi pression sur Prevost pour qu'il lui fournisse le plus de renforts possible. Et il n'oubliait pas les Américains, qu'il gardait sur les dents, par d'occasionnels raids surprise. En juillet 1814, Drummond monta de York jusqu'au fort George pour venir appuyer Phineas Riall durant les semaines suivant la défaite britannique à Chippewa. Drummond arriva au fort le 25 juillet et marcha tout de suite à la tête de ses troupes, dont les régiments incluaient le Royal Scots et le King's, pour faire la jonction avec Riall, qui était en avant-garde près de Chippewa. Il arriva juste au moment où Riall allait battre en retraite devant les bataillons de Winfield Scott et ordonna immédiatement d'attaquer. L'escarmouche se transforma rapidement en une bataille majeure le long d'une route appelée Lundy's Lane. Malgré une grave blessure infligée par une balle au cou, Drummond continua à diriger cet affrontement extrêmement sanglant jusqu'à sa conclusion finale : La guerre se termina à égalité dans le résultat. Au cours des semaines, suivant Lundy's Lane, Drummond assiégea le fort Érié, où les Américains avaient trouvé refuge. Le siège traînant en longueur, il conçut un plan complexe afin de prendre le fort d'assaut à la faveur de la nuit. Cette offensive désastreuse se termina avec la perte instantanée de centaines de soldats britanniques, tués par l'explosion, sous eux, de la poudrière du fort. Le siège fut un échec, mais les Américains, à court de provisions, abandonnèrent quand même le fort. Drummond assura ensuite la sécurité de la zone jusqu'à ce que l'hiver vienne, encore une fois, mettre un terme aux opérations militaires. Les Américains ne revinrent pas. Tout de suite après la guerre, Drummond fut nommé administrateur du Bas-Canada, en remplacement de George Prevost, qui avait été rappelé en Angleterre. Il supervisa la transition vers la paix entre les deux pays avant de retourner en Grande-Bretagne, en 1816. Par la suite, il demeura militaire, mais ne participa plus jamais à des combats. À sa mort, en 1854, il était un des généraux les plus hauts gradés de l'armée.
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