Guerre de 1812people

George Gleig

Britanniques

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La bataille de la Nouvelle-Orléans

George Gleig décrit ce qu’il a ressenti à la perte de son meilleur ami lors de l’attaque américaine

Le capitaine britannique George Gleig faisait partie des forces d’avant-garde de Thomas Keane qui remontèrent le bayou Bienvenu jusqu’à la plantation Villere. Il décrit ici ce qu’il a ressenti à la perte de son meilleur ami lors de l’attaque américaine le 23 décembre. Il témoigne aussi de la confusion qui régnait entre troupes opposées durant les combats de nuit tout au long de la guerre de 1812.

" …  étant attaqués de manière imprévue, dans la noirceur, et nous trouvant entourés par un ennemi très nombreux et parlant la même langue que nous, il n’est pas surprenant que l’ordre et le déroulement normal d’une bataille aient été, partout, inexistants. Tout homme qui se sentait enclin à prendre le commandement était obéi par ceux qui se tenaient près de lui, sans que personne mette en doute son autorité. Davantage d’exploits et d’actes de bravoure individuels furent accomplis en cette seule nuit que lors de nombreuses campagnes régulières.

… Pour moi, cependant, l’annonce de la victoire ne fut pas cause de réjouissances, car elle était accompagnée de l’annonce que mon ami se trouvait parmi les morts. Je me rappelle très bien les circonstances dans lesquelles la nouvelle m’est parvenue. Je me tenais, une épée dans chaque main, la mienne et celle de l’officier qui venait de se rendre à moi, et comme le lecteur peut bien se l’imaginer, pas du tout mécontent de moi et des compagnons qui m’entouraient, lorsqu’un frère officier s’avançant vers moi m’annonça abruptement la nouvelle. Ce fut comme si la foudre m’avait frappé. Jetant mon trophée par terre, je ne pensai plus qu’à la perte que je venais de subir.

Oubliant toute autre chose, je courus vers l’arrière et trouvai Grey, étendu derrière le tas de fumier, inerte et froid. Une petite mare de sang s’était coagulée sous sa tête, montrant l’endroit où la balle était entrée ; la position de ses membres indiquait qu’il avait dû mourir sans lutter. Il m’est difficile de décrire la nature de mes sentiments à ce moment-là, mais quels qu’ils fussent, je n’ai guère eu le temps de m’y attarder, car le clairon sonna l’alerte et je dus le laisser là où il gisait et rejoindre mes hommes… "