Guerre de 1812people

William Hull


Américains

Hull : une proclamation

Hull à Détroit

La perte de ses documents militaires personnels et confidentiels aux mains des Britanniques, la nouvelle de la prise du fort Mackinac, et l’incapacité de ses troupes à assurer l’efficacité et la sécurité d’une route de ravitaillement jusqu’à Detroit, ont nettement ébranlé la volonté d’agir du général Hull.

Hull avait été extrêmement confiant lors de l'invasion de Sandwich. Mais le commandant américain devient indécis dans les semaines qui suivent. Il décide de ne pas attaquer Amherstburg avant d’avoir " une certitude absolue de succès ". Il s’inquiète que sa proclamation promettant qu’il n’y aura pas de quartier pour les Canadiens qui combattent aux côtés des Indiens, n’ait été trop agressive; sa déclaration pourrait se tourner contre les Américains et avoir des conséquences macabres si le fort est capturé. Ses officiers le supplient d’aller de l’avant et d’affronter les Britanniques et les Premières Nations à fort Malden. La confiance de Hull s’effrite et, le 7 août, il annonce un repli sur Detroit. Suivi d’une armée au bord de la mutinerie, Hull retourne au fort encore plus angoissé qu’auparavant.

Hull n’a pas réussi à obtenir une promesse de neutralité de la part de Tecumseh et de son alliance autochtone; c’est un dur coup pour lui. Les attaques indiennes ont empêché ses troupes de livrer, en provenance de la rivière Raisin, les ravitaillements dont il a grandement besoin. Des comptes rendus effroyables lui parviennent de survivants, témoins oculaires des ruses et de la férocité des guerriers de Tecumseh. Ces histoires épouvantent tous les Américains et Hull plus que tout autre. La nouvelle récente de la reddition de Michilimackinac le convainc que les Indiens du nord des Grands Lacs vont bientôt descendre se joindre aux autres tribus pour attaquer Detroit.

Le manque de confiance de Hull n’est pas dû uniquement à son caractère. À maintes reprises, il avait supplié le ministre de la Guerre, Henry Dearborn, de lui envoyer des hommes et de l’argent, mais cela lui a été invariablement refusé. De façon plus significative, il n’a pas reçu, tel qu’on lui avait promis, l’appui des forces américaines postées ailleurs, sous forme d’opérations offensives contre Niagara et Kingston. Cela avait été le plan original américain au commencement de la guerre; il avait pour but de disperser les modestes lignes défensives britanniques le long de la frontière. Dearborn omet d’ordonner ces attaques. Cette incompétence au sein de l’administration militaire américaine est un sujet qui ne sera jamais soulevé lorsque Hull sera traduit devant la cour martiale pour avoir perdu Detroit. En fait, le procès sera présidé par nul autre que Dearborn lui-même.

Plus tard, un bon nombre de subordonnés de Hull diront qu’ils avaient été vaincus avant même que la bataille commence. Hull avait refusé d’entreprendre quelque action que ce soit. À un moment donné, il aurait pu avec ses vingt-huit canons et une canonnière britannique isolée sur l’eau, mais il s’en était abstenu. Le jour de l’attaque, Hull refusa de répliquer avec ses canons alors que le bombardement britannique faisait des victimes à l’intérieur du fort. La vue de la destruction le paralysait presque. La seule pensée qui semblait habiter son esprit confus était d’arrêter le danger immédiatement. Tout ce qu’il trouva à faire fut d’agiter un drapeau blanc. La seule décision qu’il prit ce jour-là fut de capituler.

Tandis que les volontaires et les mille six cents miliciens de l’Ohio et du Michigan sont rapatriés chez eux, Hull et ses six cents soldats de métier sont envoyés à Québec par bateau. Plus d’hommes mourront au cours de ce voyage que durant cette funeste campagne.

Le nom de Hull est dénigré à travers les États-Unis ; c’est lui qui subira le raz-de-marée de blâme et de frustration pour cette défaite au tout début de la guerre. Il est injurié par ses troupes et traduit en cour martial sous des accusations de trahison et de couardise. Après un procès de trois mois, il est trouvé coupable de lâcheté et condamné à être fusillé.

Prenant en considération l’âge de Hull et sa participation à la guerre de l'Indépendance, le président Madison lui octroie son pardon. Hull passera le reste de sa vie à défendre son comportement en cette journée d’été fatidique; il le fera en répétant, à peu près les mêmes paroles qu’il avait prononcées après sa reddition : " J’ai fait ce que ma conscience m’a dicté. J’ai sauvé Detroit, et le territoire, des horreurs d’un massacre indien. "