William Hull
|
Hull à DétroitLa perte de ses documents militaires personnels et confidentiels aux mains des Britanniques, la nouvelle de la prise du fort Mackinac, et lincapacité de ses troupes à assurer lefficacité et la sécurité dune route de ravitaillement jusquà Detroit, ont nettement ébranlé la volonté dagir du général Hull. Hull avait été extrêmement confiant lors de l'invasion de Sandwich. Mais le commandant américain devient indécis dans les semaines qui suivent. Il décide de ne pas attaquer Amherstburg avant davoir " une certitude absolue de succès ". Il sinquiète que sa proclamation promettant quil ny aura pas de quartier pour les Canadiens qui combattent aux côtés des Indiens, nait été trop agressive; sa déclaration pourrait se tourner contre les Américains et avoir des conséquences macabres si le fort est capturé. Ses officiers le supplient daller de lavant et daffronter les Britanniques et les Premières Nations à fort Malden. La confiance de Hull seffrite et, le 7 août, il annonce un repli sur Detroit. Suivi dune armée au bord de la mutinerie, Hull retourne au fort encore plus angoissé quauparavant. Hull na pas réussi à obtenir une promesse de neutralité de la part de Tecumseh et de son alliance autochtone; cest un dur coup pour lui. Les attaques indiennes ont empêché ses troupes de livrer, en provenance de la rivière Raisin, les ravitaillements dont il a grandement besoin. Des comptes rendus effroyables lui parviennent de survivants, témoins oculaires des ruses et de la férocité des guerriers de Tecumseh. Ces histoires épouvantent tous les Américains et Hull plus que tout autre. La nouvelle récente de la reddition de Michilimackinac le convainc que les Indiens du nord des Grands Lacs vont bientôt descendre se joindre aux autres tribus pour attaquer Detroit. Le manque de confiance de Hull nest pas dû uniquement à son caractère. À maintes reprises, il avait supplié le ministre de la Guerre, Henry Dearborn, de lui envoyer des hommes et de largent, mais cela lui a été invariablement refusé. De façon plus significative, il na pas reçu, tel quon lui avait promis, lappui des forces américaines postées ailleurs, sous forme dopérations offensives contre Niagara et Kingston. Cela avait été le plan original américain au commencement de la guerre; il avait pour but de disperser les modestes lignes défensives britanniques le long de la frontière. Dearborn omet dordonner ces attaques. Cette incompétence au sein de ladministration militaire américaine est un sujet qui ne sera jamais soulevé lorsque Hull sera traduit devant la cour martiale pour avoir perdu Detroit. En fait, le procès sera présidé par nul autre que Dearborn lui-même. Plus tard, un bon nombre de subordonnés de Hull diront quils avaient été vaincus avant même que la bataille commence. Hull avait refusé dentreprendre quelque action que ce soit. À un moment donné, il aurait pu avec ses vingt-huit canons et une canonnière britannique isolée sur leau, mais il sen était abstenu. Le jour de lattaque, Hull refusa de répliquer avec ses canons alors que le bombardement britannique faisait des victimes à lintérieur du fort. La vue de la destruction le paralysait presque. La seule pensée qui semblait habiter son esprit confus était darrêter le danger immédiatement. Tout ce quil trouva à faire fut dagiter un drapeau blanc. La seule décision quil prit ce jour-là fut de capituler. Tandis que les volontaires et les mille six cents miliciens de lOhio et du Michigan sont rapatriés chez eux, Hull et ses six cents soldats de métier sont envoyés à Québec par bateau. Plus dhommes mourront au cours de ce voyage que durant cette funeste campagne. Le nom de Hull est dénigré à travers les États-Unis ; cest lui qui subira le raz-de-marée de blâme et de frustration pour cette défaite au tout début de la guerre. Il est injurié par ses troupes et traduit en cour martial sous des accusations de trahison et de couardise. Après un procès de trois mois, il est trouvé coupable de lâcheté et condamné à être fusillé. Prenant en considération lâge de Hull et sa participation à la guerre de l'Indépendance, le président Madison lui octroie son pardon. Hull passera le reste de sa vie à défendre son comportement en cette journée dété fatidique; il le fera en répétant, à peu près les mêmes paroles quil avait prononcées après sa reddition : " Jai fait ce que ma conscience ma dicté. Jai sauvé Detroit, et le territoire, des horreurs dun massacre indien. "
|