Rapports de négociations entre Iroquois de deux côtés de la frontière canado-américaine
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Ces comptes rendus des négociations entre Iroquois des deux côtés de la frontière canado-américaine ont été recueillis par Teyoninhokarawen, aussi connu sous le nom de John Norton, pendant et après la guerre de 1812. Au printemps qui suivit (printemps de 1812) plusieurs messages secrets, provenant du côté américain, conseillaient aux Cinq-Nations de rester neutres, ajoutant que toute résistance contre la puissance des États-Unis, serait vaine ; quil ny avait au Canada quune poignée de soldats britanniques ; que la majorité des habitants du Haut-Canada étaient Américains et quils préféreraient collaborer plutôt que de prendre les armes ; que dès que la guerre serait déclarée, ils envahiraient le pays avec une telle puissance quils réduiraient à néant ceux qui oseraient leur résister ! " jai déclaré que le fait de rester neutres et de permettre aux Américains doccuper le pays nous déshonorerait en démontrant notre couardise et notre manque de respect au roi ; quil ny avait aucun résultat favorable à espérer dune telle conduite une fois tombée entre leurs mains, leurs sentiments à notre égard étant connus de tous ; que par conséquent, épouser la cause du roi avec empressement, nétait pas simplement la conduite la plus honorable à tenir, mais aussi la plus agréable en ce quelle offrait loccasion immédiate de venger la race aborigène tout entière de lennemi commun ; que, si le Grand Manitou récompensait nos efforts, nous pourrions ainsi sauver notre pays de la désolation, et nos familles de la misère ! " En juin 1912, une délégation des plus jeunes chefs des Ondowagas, des Onondagues et des Cayugwas, vivant à lintérieur de la frontière américaine, vinrent assister au feu du conseil de bande à la rivière Grand. Ils avouèrent que leur intention était davoir un entretien à cur ouvert avec leurs frères, et de leur signifier quils devaient éviter de simpliquer dans ce conflit. Devant les chefs et les guerriers de la rivière Grand réunis, les Ondowagas ouvrirent les débats. Billy, leur porte-parole, se leva et, après les salutations dusage, parla ainsi : " Mon frère, nous avons quitté nos terres afin de te prévenir que tu peux protéger les tiens et toi-même de la désolation. Nous avons appris que les Britanniques et les Américains sont sur le sentier de la guerre. Ils se disputent au sujet de certains droits de la mer dont nous ignorons tout. Devons-nous risquer dattirer sur nous le ressentiment des conquérants ? Nous savons quaucune de ces puissances na de considération pour nous. Lors du dernier conflit, nous nous sommes fait un point dhonneur dembrasser la cause du roi, tous nos traités ayant été signés par ses représentants. Après sept ans de discorde, sans jamais la moindre ouverture pacifique de la part de lennemi, nous avons découvert que la paix avait été conclue de lautre côté de locéan et que notre territoire, maintenant situé à lintérieur des nouvelles frontières délimitées par le traité, avait été cédé à nos ennemis. Nous navons trouvé aucun allié désireux de nous aider à obtenir justice. Nous étions livrés à nous-mêmes, pour le meilleur et pour le pire. Notre expérience nous a appris quils ne sintéressent à nous que lorsquils ont besoin de nous. Pourquoi alors devrions-nous mettre en péril notre bien-être et lexistence même de nos familles afin de les voir sourire, ne serait-ce quune seule fois, au moment où ils auront vraiment besoin de nous ? "
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